L'Express de Madagascar

Santé – Un Réunionnais sur deux boit une eau non potable

La potabilité de l’eau du robinet est remise en cause par le dernier rapport de l’Observatoire régional de la Santé. La santé des réunionnais est en jeu.

Relayant des informations issues de l’ARS OI, l’ORS (Obser­vatoire régional de la Santé) vient de présenter des chiffres-clés sur la qualité de l’eau en 2018. Il en ressort que 46% des Réunionnais sont alimentés par des réseaux dont la sécurité sanitaire est insuffisante et pour 5% des abonnés, il y a des parasites dans l’eau.

L’Agence régionale de santé a dédié un site à la qualité de l’eau du robinet (eaudurobinet.re). Pour cette année 2018, les informations montrent qu’un Réunionnais sur deux n’a pas une eau de bonne qualité. Dans notre île, 49% des abonnés sont alimentés par « des réseaux correctement équipés, dans la mesure où il s’agit d’eaux souterraines potabilisées par désinfection, ou d’eaux superficielles traitées par clarification avant désinfection ». En outre, 46% des abonnés, sont alimentés par des réseaux ne garantissant pas une sécurité sanitaire suffisante, du fait de l’absence de traitement de clarification des eaux d’origine superficielle avant désinfection. Plus inquiétant, 5% des abonnés sont alimentés par des réseaux pour lesquels le risque sanitaire est avéré (détection de parasites pathogènes) ou permanent (absence de désinfection).

Toutefois, une partie des abonnés (31%) bénéficient d’une alimentation mixte.
« Ces modes d’interconnexion permettent de substituer par des apports souterrains les ressources superficielles lorsque celles-ci sont dégradées, réduisant ainsi le risque sanitaire en diminuant la
fréquence et l’intensité des non-conformités », indique l’ARS-OI.

Gastro-entérites
Ces informations ne sont pas nouvelles. Elles montrent donc que la qualité de l’eau du robinet reste préoccupante pour une bonne partie des Réunionnais. Autre constat : l’origine superficielle de la ressource utilisée en l’absence de clarification génère un risque de parasites intestinaux
de type Giardia et Cryptosporidium dans l’eau distribuée. Selon l’ARS-OI, ces micro-organismes, sur lesquels le chlore est inefficace, peuvent occasionner des gastro-entérites dont la gravité varie en fonction de la sensibilité des personnes exposées. « La présence de parasites intestinaux dans
plusieurs ressources en eau de surface exploitées pour l’alimentation de la population à La Réunion a été mise en évidence et confirme la nécessité d’équiper les réseaux alimentés par des eaux de surface en usines de clarification », indiquent les autorités sanitaires.

© JIR