Courrier des lecteurs Opinions

Pour une révolution pacifique

Loin de procurer l’apaisement politique, la décision de la HCC n’a fait qu’attiser une des causes de l’inflammation de la crise. Comment relayer le SMM qui, à ce jour, est le seul à s’être indigné officiel­lement en déclarant….. être consterné face aux violations des principes constitutionnels et des lois en vigueur qui jettent la honte et le déshonneur sur la Justice malgache en bafouant l’État de droit.

Les préoccupations à la suite de cette fameuse décision de la HCC ont été diverses. Qui sera le Premier Ministre ? Comment amadouer ce PM pour que l’on puisse faire partie du gouvernement et devenir ou redevenir ministre? Comment adopter une clé de répartition ? La course au pouvoir, la course aux fauteuils. Des consultations, des explications et interprétations de cette décision statuée ultra petita. Mais son corollaire a été complétement occulté par les acteurs politiques. Pour preuve, les tentatives de recherches de consensus avec des initiateurs qui ne reçoivent pas l’onction de l’opinion publique (cas de la rencontre oragnisée par le CFM au CCI Ivato) ont échoué. Résultat obtenu, une cacophonie sans mesure, des discordes, une lutte de leadership indigne de personnalités qui se proclament être des futurs dirigeants du pays.

L’histoire nous a démontré qu’il existe, dans la vie politique du pays, des moments tragiques de rupture douloureuse de l’ordre établi, moments qui surviennent à 90% suite à des conflits pré ou post électoral, des élections contestées, non transparentes, non inclusives. Les raisons pour expliquer cette horreur politique sont multiples.

La première est que la population est devenue sans illusion et sans espérance sur l’organisation de l’élection à Madagascar. Elle pense, à tort ou à raison, que le pouvoir en place souhaiterait transformer l’État en une sorte «d’ héritage légitime» une « pro­priété privée qui refuse toute intrusion de membres qui ne font pas partie du jet set ». Elle a fini par comprendre que ce n’est pas elle, qui choisit et qui décide, mais bien l’argent et les intérêts géopolitiques, que ce suffrage universel est un subterfuge!

Il y a ensuite le constat de la pratique qui démontre que les gouvernements qui se sont affermis par la voie des urnes, «même de façon transparente», n’ont pas été à l’abri de dérives totalitaires usant de divers subterfuges pour modifier certaines dispositions constitutionnelles en leur faveur, soit au travers de la révision «unilatérale» de certaines dispositions considérées comme intangi­bles, soit en créant un déséquilibre institu­tionnel en faveur de l’exécutif.

Et enfin, peut on envisager, objectivement, avoir des élections dotées de ces adjectifs standardisés, avec des bases obsolètes, comme cette liste électorale vieille datant de mathusalèm, mille fois revisitée, mille fois remaniée mais jamais crédible? ou ces cartes électorales truffées de fautes? ou ces lois sur les élections handicapées car amputées de certains de ces articles jugés anticonstitutionnelles, mais promulguées avec la bénédiction de la HCC? ou ces institutions qui se proclament neutres et impartiales mais qui sont redevables aux dirigeants ( le président du CENI en 2013 a été récompensé et nommé ministre)?

Il faut se rendre à l’évidence, les élections, en Afrique, à Madagascar, ouvrent la porte aux déstabi­lisations d’un pays.
Les crises politiques ne sont pas le mal. Elles sont le symptôme, l’indice qui révèle l’état pathologique de la faillite de l’État, l’éruption externe qui devrait inquiéter. Gouverner est sans doute prévoir, mais je dirais gouverner c’est surtout choisir! Choisir d’éradiquer ce fléau ou choisir de trouver un consensus partial. Un premier ministre à la place d’un premier ministre, un nouveau gouvernement à la place d’un gouvernement avec le risque de retrouver les mêmes occupants, mais le pays reste en lambeaux, la population en guenilles. Ou une réelle volonté, un culot de solutionner à la base les maux de ce pays. Changer de personnes n’est pas la solution mais plutôt la mise en exergue des vraies valeurs républicaines.

La question n’est pas ainsi tant les crises que les conditions et les situations qui font naître la tentation d’apporter un coup de bélier à la tête de l’État.
Deux questions pourraient nous guider à mieux cerner ce problème récurrent :
La première concerne le principe de gouvernement de l’État: à ce jour, y a t-il un gouvernement qui, pour des raisons morales, est répréhensible? Si la réponse est un OUI, alors les crises reviendront encore et toujours à Madagascar.

par Ralitera Andrianandraina, ex Directeur de la HCC

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