Editorial

L’huile au trésor

Le Deep South sortira -t-il enfin la tête hors de l’eau ? À en juger la déclaration du président de la République Andry Rajoelina, hier à Ampanihy pour sa première sortie officielle, tous les espoirs sont permis. Il a annoncé la construction d’un pipeline de 225 km pour résoudre une bonne fois pour toutes le problème d’adduction d’eau et ses conséquences dramatiques comme le kere et la malnutrition infantile. Les travaux sont prévus démarrer en avril. Il va sans dire que l’annonce a été accueillie dans une salve d’applaudissements par la population qui souffre chaque année de ce problème récurrent. C’est le cas actuellement où le manque de précipitation a complètement anéanti la saison de production. Plusieurs communes avoisinantes subissent le kere et se nourrissent de raketa ou figues de barbarie, dont le Sud en produit naturellement qu’il pleuve ou pas. Le salut peut justement venir de ce fruit dont on extrait l’huile la plus chère au monde valant 1 000 euros le litre. Le Maroc en a fait une filière porteuse, même s’il faut une tonne de fruits pour extraire 50 kg de pépins et 1 litre d’huile. Un véritable trésor pour une huile aux vertus miraculeuses.
Il faut que le Sud cesse d’être un cimetière de projet comme l’AES, d’être un terrain privilégié de la charité, un domaine de prédilection de l’aumône, de surenchère politique. L’histoire a montré que ni la charité ni l’assistanat n’ont pas résolu le problème. Bon an mal an, le Sud fait l’objet d’un téléthon national ou d’un appel à la charité internationale pour venir à bout d’une situation de précarité alimentaire. Certes les aides d’urgence comme celles remises par Andry Rajoelina, hier, sont nécessaires dans une situation où la population n’a plus rien à mettre sous la dent, faute de production, mais il faut faire en sorte que cela ne s’éternise. Outre l’adduction d’eau par pipeline qui permettra à la population de produire, il faut également créer des emplois pour lui donner du revenu. Une petite industrie d’extraction d’huile de pépin de figue de barbarie en fait partie. La figue de barbarie pousse n’importe où dans le Sud et au lieu d’être la plante salvatrice en période du kere, elle pourrait devenir l’or orange du Sud. De la culture à la vente en passant par la collecte et l’extraction, la filière peut occuper des milliers de personnes. De quoi sauver toute une population de la mendicité et de l’humiliation.
Les gens ne demandent qu’à travailler. Or, le Sud manque cruellement d’industrie et d’entreprise depuis plusieurs années. Le sisal ,le raphia et le coprah ont fait leur temps. C’est au tour de la figue de barbarie d’apporter sa contribution. C’est un projet qui tient parfaitement la route et qui fait autant rêver. La population se nourrit beaucoup d’espoir avec le nouveau pouvoir. Elle n’a plus à trafiquer ses tortues pour se faire de l’argent ni à risquer sa vie dans le trafic de jamala. Il est là le bonheur.

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