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Ankadifotsy – Mamy Rakotoarivelo trépasse

L’ancien président du Congrès de la Transition a été retrouvé mort à son domicile, à Ankadifotsy. La thèse d’un suicide n’est pas écartée.

Circonstances troubles. L’alerte a été donnée à Ankadifotsy hier en fin de matinée. Mamy Rakotoarivelo, ancien président du Congrès de la Transition (CT), a été retrou­vé mort à son domicile.
Le commissaire principal Jean de Mata Rakoton­drasoa, chef de service central des affaires criminelles auprès de la direction de la police judiciaire, a conduit les éléments de la police scientifique et de la brigade criminelle qui ont constaté les faits. Selon ses explications, le décès de l’ancien chef d’institution est estimé aux alentours de 11 heures. « D’après le constat, l’on peut affirmer qu’il est mort dans sa chambre », a-t-il déclaré.
Le corps de celui qui a été le chef de la délégation de la mouvance Ravalo­manana, durant les négociations de sortie de crise durant la Transition, a été immédiatement transporté au Centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU-HJRA) pour une autopsie. D’après le commissaire Rakotondrasoa, « une plaie pénétrante, faite probablement par une balle, a été constatée sur sa tête. Seul le rapport d’autopsie pourrait cependant dire ce qui s’est réellement passé ».
Un pistolet a été retrou­vé près du corps sans vie de Mamy Rakotoarivelo. L’employée de maison de l’ancien président du CT, qui a donné l’alerte, affirme par ailleurs avoir entendu deux coups de feu venant de la chambre de son employeur. Ce qui l’a amené à s’y précipiter, l’y retrouvant gisant et sans vie. Selon le commissaire Rakotondrasoa, une enquête est déjà déclenchée pour connaître les tenants et aboutissants des faits d’hier à Ankadifotsy.

Thèse d’un suicide
L’employée de maison a d’ores et déjà été conduite à la brigade criminelle pour y faire sa déposition. Sur les lieux hier, la thèse d’un suicide a été chuchotée. Ques­tionné sur cette éventualité, le chef de service central des affaires criminelles a cependant refusé de s’avancer, préférant attendre les résultats des investigations. Certains faits amènent, néanmoins, à penser que l’ancien ténor du parti « Tiako i Madagasikara » (Tim) était dans un état d’esprit préoccupé les heures ayant précédé son décès.
Sur sa page Facebook hier, Mamy Rakotoarivelo a publié un statut portant l’indication « a le cœur brisé ». Dans cette longue publication, l’ancien chef d’institution rapporte : « Je voudrais me confier à mes amis sur Facebook, de mes soucis graves actuels ». L’homme politique y relate les péripéties de son divorce en 2004, concernant le partage des biens qui n’aurait été effectif qu’en 2016. L’ancien président du Congrès de la Transition aurait déjà tenté de mettre un terme à sa vie en 2015.

Un passage à vide

Outre le fait d’avoir été le président du Congrès de la Transition durant la seconde partie de la période transitoire, Mamy Rakotoarivelo s’est surtout fait connaître du public comme homme politique, lorsqu’il a été nommé ministre de la Communication en 2002 par Marc Ravalomanana, ancien chef d’État. Celui-ci l’a désigné chef de sa mouvance dans les négociations de sortie de crise pendant la Transition. Un rôle qu’il a joué à temps plein, jusque dans les discours officiels, comme durant les présentations des vœux des corps constitués et diplomatiques, et le banquet des fêtes d’indépendance à Iavoloha, où il n’a cessé de plaider la cause de sa mouvance. Ancien député du 3e arrondissement d’Antananarivo, le parcours politique de Mamy Rakotoarivelo a connu un passage à vide jusqu’à aujourd’hui, lorsqu’il a été tenu à l’écart du noyau dur du parti « Tiako i Madagasikara », au lendemain du retour d’exil de Marc Ravalomanana.
Il a divorcé du Tim après son éviction à la tête de la station « Malagasy broadcasting system » (MBS) en 2016. À part la politique, l’ancien président du CT a également été président du comité olympique malgache, président de la fédération de Judo et directeur général d’un groupe de presse. Mamy Rakotoarivelo s’est également forgé une solide réputation en tant qu’expert comptable. Sa dernière apparition publique était lors de la célébration du 15e anniversaire du Tim, le 8 juillet au Carlton, Anosy.

Loïc Raveloson et Garry Fabrice Ranaivoson