Opinions Texto de Ravel

Pour parler ou pourparlers

Spectaculaire. Tel serait le mot le plus approprié à la naissance d’une nouvelle ère entre les deux Corées. Depuis le 1er janvier 2018, la péninsule est touchée par une vague de détente des frustrations et des confrontations qui se sont gravement prononcées depuis quelques années. Poignée de main et émotion qui marqueront à tout jamais l’histoire de l’humanité. « Je suis heureux de vous rencontrer », a lancé Moon Jae-in à son homologue, avec un grand sourire qui témoigne de l’importance du pas franchi. En effet, depuis la guerre de Corée (1950-1953) cette date mettra dans les livres d’histoire le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un est rentré en Corée du Nord après une longue journée de discussion avec le président sud-coréen Moon Jae-in. Les deux dirigeants se sont réunis ce vendredi, pour un sommet historique. Ce rapprochement s’est illustré par une poignée de main hautement symbolique entre les deux leaders sur la Ligne de démarcation militaire qui divise la péninsule. Il faut également saluer la force du sport car la rencontre a été rendue possible après l’annonce de Kim Jong-un de la participation de son pays aux Jeux Olympiques d’hiver organisés au Sud.
Alors que les deux pays sont toujours techniquement en guerre, la Corée du Sud et la Corée du Nord vont déclarer cette année la fin du conflit, dont l’armistice avait été signée en 1953, et vont transformer l’accord de cessez-le-feu en accord de paix. La Chine a salué le «courage» des deux responsables coréens. Le Japon, a évoqué «un pas positif» et le Kremlin a accueilli «des nouvelles très positives». Ce sommet doit être le prélude à un face-à-face très attendu entre Kim Jong-un et le président américain Donald Trump.
Allons plus loin dans l’histoire de l’humanité pour prouver que peu importe, la seule issue de toute confrontation politique ne peut être que des pourparlers. Les génocides qui se sont déroulés au Rwanda se sont soldés par les accords d’Arusha. Les négociations d’Arusha ont été conduites en Tanzanie. Ces accords prévoient à terme l’intégration politique et militaire des différentes composantes internes (à l’exception des partis ouvertement racistes anti-Tutsi) et externes de la nation rwandaise (le FPR) et le départ des troupes françaises (à partir d’août 1992). Certes, la mise en œuvre de ces accords sera partiellement retardée par le président Juvénal Habyarimana, dont les alliés extrémistes de la Coalition pour la défense de la République (CDR) n’accepteront pas les termes.
Après tant de périples et de sangs versés, les accords d’Arusha ne sont définitivement appliqués qu’à partir du 19 juillet 1994, date de la fin du génocide rwandais et de la prise de fonction de Faustin Twagiramungu comme Premier ministre et de Pasteur Bizimungu comme président de la République. Ces accords ont servi de référence politique après le génocide des Tutsis au Rwanda pendant la période de transition politique qui a suivi jusqu’en 2003, où une nouvelle constitution et des élections présidentielle et législatives au suffrage universel ont été instituées.
Roland Poupon qui avait un jour dit « la paix ne s’obtiendra jamais par les armes », il est temps que les politiques Malgaches cessent l’instrumentalisation de population. Car trop de gens ont été tués alors qu’aujourd’hui, l’ennemi d’hier est devenu l’allié ; l’ami et servant d’hier est maintenant le pire ennemi. Sont morts comme des chiens ceux qui croyaient en de vains mots. « Même les morts ne peuvent reposer en paix dans un pays opprimé » Fidèle Castro. « La paix ne s’obtiendra jamais par les armes » Roland Poupon.

par Mbolatiana Raveloarimisa

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  • Il y a eu un seul génocide au Rwanda, le génocide des Tutsi. Il s’est déroulé non pas avant, mais après les accords d’Arusha. Mais depuis des décennies cela couvait. Le journal Le monde du 4 février 1964 (soixante-quatre) titrait : « L’extermination des Tutsis, les massacres du Ruanda sont la manifestation d’une haine raciale soigneusement entretenue ». Il n’y a pas eu de génocides des Hutus au Rwanda. NI ailleurs, malgré les tentatives poussées par la France de faire avaliser par l’ONU un génocide des Hutu au Congo avec le « rapport mapping »… mais ce fut un échec devant l’évidence des faits. Quand on parle du génocide des Tutsis, il faut prendre en compte l’implication française dans ce génocide, avant, pendant et après son accomplissement.

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