Chronique de Vanf

Trois inaccessibles étoiles

Trente et un titres du Grand Chelem contemplaient les spectateurs avant la finale entre Novak Djokovic et Rafael Nadal, à l’Open d’Australie. Il y avait là quelque chose qui tutoyait la grande histoire du tennis. Roger Federer (20 titres en Grand Chelem), Rafael Nadal (17 titres) et Novak Djokovic (15 titres depuis ce dimanche), offrent les trois plus grands palmarès de la discipline.
Le plus incroyable c’est que cet oligopole à trois a été réalisé alors qu’ils jouent les uns contre les autres, ne laissant que des miettes à leurs contemporains. Depuis la première victoire en Grand Chelem de Roger Federer (Wimbledon 2003), 63 autres finales se sont disputées jusqu’à Australie 2019 : 52 auront donc été remportées par l’un des trois.
Sur cette période, seuls Andy Murray (3), Stan Wawrinka (3), Juan Martin del Potro (1), Marin Cilic (1), Andy Roddick (1), Marat Safin (1), Gaston Gaudio (1), avaient pu troubler les statistiques.
Il est toujours problématique de comparer des époques différentes, mais les précédents duels n’ont pas laissé le souvenir d’un monde à part entre le duo Pete Sampras (14 titres, mais aucun Roland-Garros) – André Agassi (8 titres) et le reste du plateau. Totalisant 34 titres, le quatuor Bjorn Borg (11 titres), Jimmy Connors (8 titres), John McEnroe (7 titres), Ivan Lendl (8 titres) avait dominé les années 1970s-1980s, mais sans cette omnipotence d’ensemble : Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic ont, tous les trois, remporté au moins une fois les quatre tournois du Grand Chelem, quand Bjorn Borg a toujours échoué à l’US Open, ou que John McEnroe «joue et gagne sauf à Roland Garros». Comme d’ailleurs Jimmy Connors. Et Ivan Lendl n’a jamais triomphé à Wimbledon.
Il est assez unique de pouvoir voir évoluer ensemble trois des meilleurs joueurs de tous les temps. Aucune confrontation directe n’est jamais gagnée d’avance. Dans leur face-à-face, ils triomphent avec gloire parce qu’ils vainquent avec péril. La dimension théâtrale est encore exacerbée par la mise en scène médiatique. Et quand trois champions d’exception se surpassent, avec leur ego hors normes, les spectateurs ont droit à des matchs d’anthologie : les cinq sets de la victoire de Nadal sur Federer à Wimbledon (2008), les six heures du Djokovic-Nadal (Australie, 2012)..

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