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indice de perception de la corruption – Forte dégringolade de Madagascar pour l'année 2016

Le classement mondial de l’indice de perception de la corruption, pour l’année 2016, a été publié, hier. Accusant un important recul, Madagascar est relégué à la 145e place.

xEffondre­ment. Le mot n’est pas exagéré, si l’on considère les performances de Madagascar dans le classement mondial de l’indice de perception de la corruption (IPC), publié par Transparency international, hier au café de la Gare, Soarano. Avec une note de 26/100, soit un recul de 2 points par rapport à l’année 2015 où elle a eu 28/100, la Grande île accuse une chute vertigineuse dans le classement mondial IPC 2016, et se retrouve à la 145e place sur 175 États.
Une dégringolade de 22 places donc, vu que dans le classement 2015, Mada­gascar était en effet 123e sur les 168 pays évalués. Devant la presse, Claude Fanohiza, directeur exécutif de Transpa­rency international Mada­gascar, explique ce fort recul de la Grande île par l’insuffisance, voire l’absence de prise de responsabilité du citoyen dans la lutte contre la corruption.
« Les gens que nous rencontrons dans les rues estiment que cette lutte ne concerne seulement que l’État. Ce qui est totalement faux, car chacun a une responsabilité dans la lutte contre la corruption », soutient-il.

Alarmant
Dans ses explications, le directeur Fanohiza avance que « l’insuffisance de moyens et d’outils » dans la guerre contre le fléau qu’est la corruption pourrait également être une raison de la chute du classement de Madagascar.
L’IPC est un outil de référence internationale mesurant la perception de la corruption dans le secteur public des pays du monde. Les évaluations pour l’année 2016 ont été faites sur la base de treize sources de données internationales. Pour Mada­gascar, en particulier, son score a été calculé sur la base de sept paramètres, comme ce fut le cas en 2015.
Le résumé de l’IPC 2016 remis par Transparency internatioal à la presse, hier, parle d’« un score alarmant pour Madagascar en vue de l’atteinte du score de 50/100 en 2025 ». Une ambition inscrite dans la nouvelle stratégie de lutte contre la corruption (NSLCC).
Le document souligne, du reste, que bien que la Grande île ait procédé à la réforme des textes de lutte contre la corruption, ou s’est doté de nouvelles lois, « elle doit faire preuve de plus de volonté politique de la part de ses dirigeants ».
Plus de volonté politique en matière de moyens et d’indépendance octroyés aux entités chargées de la lutte contre la corruption est, notamment, soulevé. Si l’on s’en tient au classement publié hier, les actes devant faire écho aux discours politiques tambourinant « la ferme intention » des décideurs politiques, hauts responsables administratifs, judiciaires, militaires et policiers, sont difficilement perceptibles.
Se présentant face aux journalises hier à Soarano, Jean Louis Andriamifidy, directeur du Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO), lui, pointe du doigt « l’application de la loi », particulièrement, au niveau de la Chaîne pénale anti-corruption (CAPC). « L’effort à faire est dans l’application de la loi », déclare-t-il. Le numéro un du BIANCO déplore, par exemple, le fait que des personnes accusées de détournement de plusieurs millions d’ariary de deniers publics n’écopent que de six mois d’em­prisonnement, voire bénéficient de liberté provisoire, alors que les voleurs de poules peuvent être condamnés jusqu’à un an de prison.

Garry Fabrice Ranaivoson