Notes du passé

Un véritable carrefour des groupes venant de toutes directions

Antambahoaka, Antemoro et Anta­laotra, Antanosy… reforment les principaux royaumes du Sud-Est malgache. En fait, les pays de la Manampatrana et de la Manam­bavana constituent un véritable carrefour où voisinent des groupes venus de toutes les directions.
Tels les Antesaka dont l’ancêtre fondateur de la dynastie Maro­seranana, Andriamandresy, serait un frère ou l’oncle du fondateur du Menabe, le roi Andrian­dahifotsy. Il s’agirait ainsi de Sakalava venus du Bas-Mangoky par le seuil d’Ihosy. « Leurs descendants encadrèrent les clans dispersés dans les pays de la moyenne et de la Basse-Mananara- au XVIe ou au début du XVIIe siècles- et ils finirent par dominer la région côtière, pays des rivières Manambato, Mananara du côté de Vangaindrano, et Masianaky. Ils y rallièrent plusieurs clans et même des Tanala descendus de la forêt.»
Toujours selon les historiens, les Antefasy sont aussi originaires de l’Ouest, plus exactement des « sables de l’Ouest ». Les Zafisoro viennent du Sud-Ouest, d’autres groupes plus anciens sont amenés par la mer. « On se battait pour occuper les vallées, moyennes ou basses, pour les terres où l’on pouvait, au pied du gradin oriental, pratiquer une riziculture de terrasses ou de marécages », précise l’ Histoire de Madagascar de 1967.

Les auteurs de l’ouvrage poursuivent que les moins heureux doivent refluer dans la forêt ou s’en contenter. D’ailleurs, les tentatives de regroupement échouent dans cette contrée contrôlée au Nord par les Antemoro, et au Sud par les Antesaka. Néanmoins, malgré l’instabilité politique et les luttes confuses, un fond de civilisation commun s’y développe au contact des groupes organisés.

Dans le Sud où la sécheresse du climat contraste avec l’humidité de la bordure orientale, l’Androy méridional, le plateau Karimbola et le plateau mahafaly sont les pays de « la brousse épineuse malgache, des sables roux où règnent les vents du Sud, la chaleur et la sécheresse ». Le problème de l’eau y est vital et les éleveurs comprennent très tôt « le mécanisme d’une transhumance que cette sécheresse du Sud rendait indispensable ».
Pourtant, des groupes humains s’établissent dans ces pays malgré l’hostilité du milieu. Les pêcheurs Vezo Sara et les paysans Tanalana vivent sur la bordure méridionale, des éleveurs se déplacent sur les plateaux arides. Les grandes vallées seraient les frontières qui limitent les terrains des parcours respectifs : à l’Ouest de la Mena­randra, les Mahafaly, à l’Est, les Karimbola séparés des Mahan­drovato par la Manambovo.
Ces groupes anciens sont encadrés par des dynasties de chefs originaires de l’Anosy : au milieu du XVIe siècle, Olombetsitoto, un roi maroseranana (comme Andrian­dahifotsy, le conquérant sakalava, et Andriamandresy, ancêtre des Antesaka) et ses fidèles sont à l’origine des royaumes mahafaly. « Mais ces pasteurs turbulents et guerriers ne parvinrent jamais à l’unité monarchique : de nombreux roitelets se disputèrent les terrains de parcours. » À la même époque, les rois Zafimanara réunissent les Karimbola et les Mahandrovato.

Au XVIIe siècle, des incursions des peuples voisins morcellent ces royaumes en une mosaïque de groupes, au hasard des guérillas, les Roandriana de l’Androy ne sont liés que par leurs intérêts immédiats. De leur côté, les Bara donnent l’exemple d’une population qui se déplace au cours des siècles. « L’origine africaine a dû être un facteur important de cohésionmalgré les luttes intestines. L’odyssée des pasteurs bara se déroule d’abord de l’Ouest aux pays de l’Ionaivo et de l’Itomampy
jusqu’au XVIe siècle. »

Sous la direction des Zafimanely, ils retrouvent ensuite la dépression d’Ivohibe, le seuil d’Ihosy et l’Isalo malgré les Masikoro. La puissance de ces derniers sont assurés au XVIIe siècle par les Zafindravola et les Andrevola, dynasties de l’Anosy. Mais ils se divisent à leur tour au XVIIIe siècle, à l’instar des Mahafaly et perdent l’Androy septentrional, ne conservant que les pays du Fiherenana.
« L’abus d’alcool leur fut néfaste et ils ne retrouveront jamais leurs anciens territoires : les Masikoro devinrent pratiquement les vassaux des Sakalava du Menabe. »

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