Notes du passé

Antsirabe, un centre climatique et sportif

L’Établissement thermal tel qu’il existe vers la fin de la colonisation et sous la Ire République.

Malgré la similitude des eaux de la source Ranovisy avec celles de Vichy, reconnue par certains scientifiques, notamment M. Roland, d’aucuns croient devoir rapprocher plutôt les qualités de la source Perrier de la Bâthie de celles de Royat. Quoiqu’il en soit, Antsirabe présente l’aspect d’une ville d’Eaux de France que d’une station tropicale.
En effet, située à 1 500m d’altitude, environnée de montagnes dont certaines dépassent 2000m d’altitude, la région d’Antsirabe, bien que se trouvant sur le 22e parallèle, elle jouit d’un climat particulièrement tempéré, ni trop chaud ni trop froid. « L’air y est léger et sédatif, riche en rayons ultraviolets en raison de l’altitude et de la fiable nébulosité du ciel. La végétation y est abondante, les squares, les jardins, les parcs y sont nombreux. Les rues sont aérées et fleuries, les environs plantés de mimosas, de pins et d’eucalyptus », aiment à souligner les résidents européens des années 1950.
« La remarquable salubrité de son climat rend Antsirabe très favorable aux cures d’air à l’usage des Européens éprouvés par les séjours plus ou moins malsains ou débilitants de la côte. Le climat de la ville est particulièrement indiqué pour rétablir les convalescents et aussi pour les cas de débilité et de neurasthénie. Il est également indiqué pour les maladies de poumons. »
Dans les dernières années de la colonisation, tous admettent qu’Antsirabe est une ville agréable, coquette, calme et tranquille, enchâssée dans un cadre admirable de verdure. Que c’est le séjour rêvé pour les gens fatigués et convalescents, mais aussi pour le touriste en quête de distractions naturelles et saines.
Mises à part ses eaux, la ville est dotée de tous les aménagements d’une cité sportive. Les réunions sportives de la ville d’Eaux qui correspondent à certaines fêtes périodiques comme Pâques ou la Pentecôte, attirent une affluence considérable. De nombreuses sociétés s’y constituent et fonctionnent activement. À commencer par le Club nautique, dont le domaine est l’admirable lac Andraikiba où l’on pratique la voile, le ski nautique, la natation.
Il y existe aussi le swiming-club dont le cadre est la piscine de Ranovisy et qui permet les compétitions internationales. Le Golf club est installé au pied du Vohitra et son terrain comporte neuf trous sur un parcours de quatre kilomètres environ. Quant au Club de l’Étrier, très bien aménagé au cœur du Parc de l’Est, il est sillonné de nombreuses pistes cavalières.
Enfin, toujours sur le plan sportif, la ville possède un vélodrome unique à Madagascar dans le Parc de l’Est, un hippodrome à l’entrée de la ville où se tiennent plusieurs réunions hippiques par an, trois terrains pour les
compétitions sportives de toutes sortes et des courts de tennis.
En tant que centre touristique, dans la moitié du XXe siècle, la capitale du Vakinankaratra propose différentes promenades et excursions qui procurent, à travers la douceur du climat et la séduction de la ville, non seulement des « agréments naturels », mais contribuent aussi à rallonger le séjour du visiteur. Ainsi du parc de l’Est, à 500m du centre-ville, bordé de la ligne du chemin de fer et le nord-est de la ville. Disposant d’un « coin idéal » pour les enfants, la Roseraie, il est aussi sillonné en tous sens par plus de 10km de routes et de pistes, « lieu de promenade tout indiqué pour les cavaliers ».
Toujours dans l’environnement immédiat de la ville, se trouve l’Arboretum au pied du Vohitra. C’est là que se poursuivent des essais d’acclimatation de nombreuses essences d’Europe. C’est également un lieu de promenade « facile et captivant ». Enfin, le terrain de golf y est installé.
Un peu plus loin, à 4km, se voit le mont Vohitra, ancien volcan dont l’ascension est aisée. De son sommet, à 166m au-dessus de la plaine, la vue s’étend sur la ville, les environs, les premiers contreforts du massif du Vakinankaratra au Nord, les montagnes de l’Ibity au Sud, le Vontovorona à l’Est, Tritriva à l’Ouest. Depuis 1954, une table d’orientation y est installée avec un chemin de ronde, permettant une splendide vue panoramique.
Dans d’anciens dépliants touristiques de 1955, on peut lire : « Le Vohitra, petite montagne en réduction, signifie l’éminence. Il était, il y a quarante ans, nu comme la main. Il est recouvert maintenant d’une belle forêt communale. Des sentiers délicieux mènent directement au sommet où l’on peut accéder également en automobile. »

Texte : Pela Ravalitera – Photo : Archives personnelles

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