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Epidémie – Un Français succombe à la peste à Toamasina

La peste pulmonaire a eu raison d’un Français, résident de longue date à Toamasina, ce samedi. La dépouille a été déjà mise en terre dans une fosse commune.

Un Français d’une quarantaine d’années a tiré sa révérence dans le service d’Urgence de l’hôpital Be de Toamasina, ce samedi matin, selon une source locale. Il a succombé suite à des complications de la peste pulmonaire. « Son état était déjà grave lorsqu’il a été admis dans ce service. Il ne répondait plus au traitement », affirme le Dr Raymond Rakotoarimanana, directeur régional de la Santé publique Atsinanana, joint au téléphone, hier. Cet étranger qui vivait à Toamasina depuis des années, aurait perdu la vie, juste quelques heures après son admission à l’hôpital. Sa dépouille a été déjà inhumée à la fosse commune du cimetière de Manan­gareza, le jour même, pour éviter la propagation de la maladie.
Ce ne serait pas le premier étranger à avoir été victime de cette épidémie de peste à Toamasina, en cette saison. Le Dr Raymond Rakotoarimanana a indiqué qu’il y en avait eu un autre, mais qui a été guéri, car a reçu le traitement à temps. À Antananarivo, un Seychellois et un Comorien faisaient partie des victimes. « La peste peut toucher tout le monde. Elle se transmet facilement, peut tuer très rapidement, mais se soigne lorsqu’elle est prise en charge à temps. On doit rejoindre une formation sanitaire, en cas de forte fièvre, de toux avec possibilité de crachats striés de sang, de fatigue, de frissons, de douleur thoracique », recommandent les médecins.

Douzième décès
C’est le douzième décès de peste répertorié à Toamasina, depuis le début de l’épidémie, en septembre. Dix d’entre eux ont succombé dans des services sanitaires et les deux, au niveau de la communauté. Les premières victimes ont contracté la bactérie dans un taxi-brousse reliant Antananarivo et Toamasina, fin août. Un des passagers de ce véhicule était un pestiféré en provenance d’Ankazobe qui a perdu la vie à Moramanga, le 28 août.
Hier, une vingtaine de malades sont encore sous traitement à l’hôpital à Toamasina. Deux cent seize sont guéris, depuis l’apparition des premiers cas, selon le rapport du ministère de la Santé publique, le 21 octobre. À Toamasina, l’épidémie commençait à se stabiliser jusqu’au moment où des rumeurs sur des vaccins contre la peste ont fait paniquer la population, la semaine dernière. Des habitants ont refusé de bénéficier de toutes interventions effectuées au niveau de la communauté, en pourchassant les agents de santé avec des armes improvisées.
Au sein du ministère de la Santé publique, la crainte d’une recrudescence du nombre de malades renaît. « En refusant la chimioprophylaxie, les personnes atteintes peuvent tomber malades et transmettre la maladie aux autres », affirme avec regret une source. Le Dr Raymond Rakotoari­manana rassure que les interventions de riposte au niveau de la communauté ont été déjà reprises, suite à la collaboration avec les autorités locales.

La barre des cent morts dépassée

La barre des cent morts a été dépassée. Le ministère de la Santé publique a rapporté, ce samedi, que cent sept personnes sont décédées depuis le début de la saison pesteuse, en août. Il est probable qu’il y ait encore des cas de décès non répertoriés. Dans le bilan envoyé par le Bureau national de la gestion des risques et catastrophes (BNGRC), ce samedi, il a été précisé qu’il y a soixante et un statuts inconnus, vivants ou décédés, et vingt-deux cas en cours d’investigation, au niveau de la communauté. À Antananarivo, un autre enfant a succombé à la maladie dans un hôpital des enfants, en cette fin de semaine. Vingt-neuf malades ont été admis à l’hôpital, le 21 octobre. Et sur les milliers de cas enregistrés depuis août, six cent quatre-vingt sont guéris. Deux cent vingt suivent encore des traitements.

Miangaly Ralitera

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