Editorial

Jeux de la francophobie

L’équipe de France, une sélection d’Afrique. Où est le mal ? C’est une forme de redevabilite de l’ancienne puissance coloniale envers les ressortissants des anciennes colonies. La France a été et est le premier pays européen à ouvrir ses portes aux sportifs noirs en général et aux footballeurs en particulier. Dans les années 50-60 les premiers footballeurs professionnels noirs ont commencé à évoluer dans le championnat français à l’image du Camerounais Eugène Njo Lea , de l’Algérien Rachid Mekloufi, du Marocain Larbi Ben Barek et du Malien Salif Keïta. De grands joueurs attachés à leur pays d’origine à une époque où les règlements autorisaient les joueurs à endosser différents maillots.
La France sera également le premier pays à intégrer les sportifs noirs ou les joueurs noirs dans l’équipe nationale. L’Angleterre avec Viv Anderson et Laurie Cunningham puis l’Allemagne et bien plus tard l’Italie avec Mario Balotelli, lui ont emboîté le pas.
Jean Pierre Adams et Marius Trésor, tous deux défenseurs, ont été les premiers noirs à endosser la tunique bleue. Ils seront suivis par beaucoup d’autres joueurs d’origine africaine vivant ou nés en France. Mais il y a aussi d’autres sportifs africains qui ont choisi la nationalité française et l’équipe de France pour pouvoir progresser et bénéficier des avantages socio-sportifs qu’ils ne trouveront pas dans leur pays et que leurs dirigeants ne pourront jamais leur donner. On ne peut donc leur en vouloir. L’athlète Nicole Ramalalanirina, championne de France du 100 m haies, finaliste olympique à Sydney, n’aurait jamais eu la carrière somptueuse qu’elle a eue si la Fédération malgache d’athlétisme n’avait pas donné son feu vert pour qu’elle puisse courir pour l’équipe de France. Embauchée par la Caisse d’Epargne, elle mène aujourd’hui une vie confortable après sa carrière sportive. D’autres sportifs ont suivi sa voie, à l’image de l’athlète Agnès Raharolahy ou du jeune pongiste champion d’Europe cadet Fabio Rakotoarimanana. Ils font la fierté du pays malgré leur choix.
On ignore ce qu’elle serait devenue si elle était restée à Madagascar où les anciennes gloires du sport finissent tous dans la dèche et meurent dans l’indifférence totale, où le dernier ministre des Sports ignorait complètement qui était Jean Louis Ravelomanantsoa, où le ministre des Sports est en général un bouche trou politique qui ne sait pas distinguer la boule de la pétanque, où l’objectif reste des petites compétitions politiques comme le Jeux de la Cjsoi, où les stades servent plus aux spectacles et aux meetings politiques qu’aux compétitions sportives.
Des talents exceptionnels se sont laissés pourrir sur place faute d’opportunité à l’image de feu Etienne Rasoanaivo, de Maitre Kira à qui l’État avait interdit de partir sous d’autres cieux. Les réalités sont presque pareilles dans les anciennes colonies françaises en Afrique. Leurs pays n’ont rien fait et n’ont pas investi un kopeck pour leur réussite pour avoir le droit de revendiquer quoi que ce soit. Si la couleur de la peau doit définir la nationalité, la mondialisation n’aurait aucun sens aujourd’hui. C’est grâce à cette ouverture que l’Albanie, la Suisse, la Chypre, l’Autriche, le Qatar, jadis des faire valoir disposent aujourd’hui d’une équipe compétitive à l’échelle mondiale.
Si les Barea étaient champions du monde avec onze joueurs d’origine française, ferait -on la fine bouche?

1 commentaire

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  • ça risque de chauffer dans les couloirs de l’Express, suite à la chronique pour le moins agressive, gratuitement, de l’un de vos confrères il y a sept jours exactement.. ce rétablissement est bienvenu.