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Concerts et spectacles – De l’organisation à la satisfaction du public

C'est tout une pléiade d'acteurs et un tas de travail qui sont à découvrir, ainsi qu'à entreprendre dans les coulisses de ces concerts spectaculaires que le public apprécie.

Depuis les gradins ou les places que l’on a acquises au prix d’un billet, on est souvent curieux de découvrir ce qui se passe en coulisses. Plus encore comment en est-on arrivé là. Partons à la découverte de ces rouages de l’organisation évènementielle.

De plus en plus florissant et productif chaque année. Le secteur de l’organisation événementielle artistique, plus précisément celui d’un concert ou d’un spectacle, suscite au fil des ans l’engouement de passionnés et de curieux. Se présentant, depuis plusieurs décennies, comme une industrie bien huilée, l’organisation de ces évènements qui vous exaltent et vous transcendent chaque semaine, nécessite des mois, parfois même toute une année de préparation selon normes et les attentes.
Dans la Grande ile, ces manifestations artistiques sont désormais réglementées suivant les normes instituées par le Syndicat des producteurs de spectacles à Madagascar (Synops), au sein duquel est regroupée la grande majorité des événementiels, producteurs et autres organisateurs d’envergure de la Grande île. Toutefois, certains se démarquent du lot à travers des organisations plus associatives et communautaires restant en marge des conventions du Synops.

C’est tout une pléiade d’acteurs et un tas de travail qui sont à découvrir, ainsi qu’à entreprendre dans les coulisses de ces concerts spectaculaires que le public apprécie.

Qu’il s’agisse d’une soirée festive, plus communément appelée « cabaret », d’un concert spectaculaire au Palais des Sports et de la Culture, ou d’un festival à part entière, le milieu de l’organisation événementielle se professionnalise et contribue à l’émergence de plusieurs entreprises fournisseurs d’emploi et de main-d’œuvre. En France, comme partout ailleurs dans le monde, la détention d’une licence est de rigueur pour pouvoir organiser un concert ou un spectacle. Chose, qui pour l’heure, n’est pas encore très en vogue à Madagascar, mais qui est en phase d’être imposée. Les gages de qualité d’un bon concert dans l’ile pour qu’elle soit perçue par le public, dépend de l’organisateur, de l’artiste ou du groupe, et de l’aspect technique, comme la particularité du son et des lumières.
Plusieurs étapes sont ainsi à considérer pour obtenir un concert qui fera la renommée de son organisateur, ajoutera au succès des artistes, et satisfera la grande majorité du public, sinon de tous les spectateurs.

Modeste Rakotondravaoharisoa, responsable de M Production et président actuel du Syndicat des producteurs de spectacles à Madagascar. Il organise ce week-end l’événement inédit « Les légendes du Salegy » au palais des Sports et de la Culture.

Organisation, un travail pérenne

« Le secteur de l’événementiel contribue activement à l’essor de notre économie. Il permet la création de nouvelles professions et aide à l’émergence de talentueux artistes. Cette année, nous tenons à élargir davantage notre champ d’action en mettant l’accent sur la professionnalisation de nos membres, mais aussi à conscientiser l’État sur l’importance de cette entreprise culturelle et événementielle », affirme Modeste Rakotondravaoharisoa, responsable de M Production et actuel président du Synops Madagascar. Le syndicat vise la pérennité et une professionnalisation plus prononcée du secteur artistique et culturel, autrement dit du milieu de l’événementiel, en général. De plus, il insiste auprès de ses membres sur la solidarité, les formations et échanges d’expériences ainsi que le respect des normes internationales.

Rossy, artiste multi-instrumentiste, a créé l’association Sôma et fondé sa maison de production Pro Rossy. Paul Bert Rahasimanana de son vrai nom est aussi le président du Syndicat des artistes.

Pas de place pour l’improvisation !

« L’organisation technique du spectacle ne s’improvise pas. Elle nécessite des compétences spécifiques et elle impose de ne rien laisser au hasard », fait remarquer Paul Bert Rahasimanana, plus connu par son nom d’artiste, Rossy. Détenteur d’une Maîtrise en droit et d’une Licence d’entrepreneur organisationnel et événementiel qu’il a acquis dans l’Hexagone, il rajoute : « L’organisateur d’une manifestation est ainsi tenu d’offrir la meilleure prestation possible dans le respect des dispositions techniques et scéniques. » Ces dispositions sont donc définies au préalable par le concepteur du spectacle et communiquées en amont par l’artiste, son manager ou son agent, en tenant compte des caractéristiques logistiques du lieu et de ses contraintes.

Peu importe l’envergure d’un concert, que ce soit au Palais des Sports et de la Culture à Mahamasina ou au Jao’s Pub à Ambohipo, par exemple. Chaque organisateur, les artistes ne visent qu’à satisfaire le public, autant sur la forme que sur la présentation

Valoriser l’aspect technique

L’importance d’une gestion technique assidue et bien appliquée est de rigueur dans l’organisation d’un concert. C’est même, sans aucun doute, le point important sur lequel repose le bon déroulement d’un spectacle d’envergure et de qualité. La gestion technique d’un tel événement passe ainsi par le choix et l’équipement du lieu. L’organisateur et son équipe technique devront alors s’assurer de la disponibilité du matériel requis sur le lieu, de son état de marche et de sa conformité. Il doit veiller à ce que tous les éléments nécessaires, à savoir la sonorisation, l’éclairage, la régie et le matériel de scène soient présents, utilisables en temps et en heure, adéquat au site du spectacle. S’ensuit l’installation du spectacle qui concerne autant le montage que le démontage. Elle nécessite souvent la présence d’une main d’œuvre sur place, pour aider à décharger le matériel des sons, lumières et les décors. À noter que le temps nécessaire pour l’installation du spectacle doit être prévu et clairement indiqué dans un dossier technique.

La régie et le son, les deux pivots centraux que les organisateurs se doivent de privilégier pour le bon déroulement du concert. Aussi bien pour assurer la qualité des effets sonores et lumineux, que la bonne ambiance qui galvanisera le public.

Une sonorisation impeccable

L’aspect technique le plus important d’un concert, la sonorisation est à privilégier. Assurée par un sonorisateur, la sonorisation consiste à amplifier et à diffuser les voix, les instruments de musique ou les bandes son. Le sonorisateur doit respecter l’œuvre musicale, trouver le juste équilibre entre les sources sonores et rendre l’écoute du spectacle agréable au public. Se distinguent alors deux types de sonorisation, l’une pour la diffusion en « façade », qui concerne l’ensemble des éléments diffusant le son en direction du public, l’autre pour la diffusion « retours » qui couvre l’ensemble des éléments qui diffusent le son en direction des artistes et des musiciens sur scène et leur permet de s’entendre dans les meilleures conditions possibles. « C’est là l’un de nos plus grands atouts au sein de Mi’Ritsoka Production, ce qui nous distingue des autres, c’est la maîtrise de notre sonorisateur Poum de ses éléments », affirme Hery Randriamampianina.

La lumière et la balance

La régie lumière forme l’ensemble des projecteurs, de la poursuite et des effets, ainsi que du personnel technique d’éclairage nécessaire à la réalisation du spectacle. Le terme « régie » désigne la cabine ou la plateforme technique à partir de laquelle le sonorisateur et le régisseur lumière font leursmanipulations. En outre, procéder à la balance ou au « soundcheck » est aussi important, car c’est généralement là la répétition technique du spectacle sur la scène. Tous les réglages fondamentaux des sources sonores, à savoir le gain d’entrée, égaliseur, dynamique et autres effets sonores sont à vérifier pour obtenir une cohérence et un équilibre parfait entre les instruments et les voix de façon à ce que l’écoute soit agréable pour le public. C’est l’action la plus importante à réaliser pour la réussite d’un concert de musique amplifiée. Il y existe alors deux balances à faire, l’une pour le son « façade » et l’autre pour le son « retour ».

Hery Randriamampianina est le premier responsable de Mi’Ritsoka Production, l’un des organisateurs événementiels phares de la Grande île, connu et apprécié notamment pour sa maîtrise des sonorisations de ses concerts. Du haut de ses dix ans d’existence, Mi’Ritsoka Production a su jeter les bases de sa réputation.

Respecter les étapes

En amont, toute une liste d’étapes est à considérer pour obtenir la bonne organisation d’un concert. À commencer par une séance de brainstorming s’impose auprès des organisateurs, durant lequel de nombreux points importants autour de ce projet de concert seront à soulever. Hery Randriamampianina, premier responsable de Mi’Ritsoka Production confie : « Tout d’abord, il importe de définir le projet en soi. De même, il faut entreprendre une petite étude de marché, voir ce qui se fait dans le coin, à la même période de la part des autres organisateurs. Par la suite, on décide de la date de l’événement, puis on se lance à la recherche des artistes, des informations financières y afférant, d’un lieu ou d’un espace. »

Liva Ramanandratosoa, première responsable de Gasy Events, fait preuve d’une grande maîtrise médiatique et de la communication dans les campagnes menées autour des événements qu’elle organise. Gasy Events excelle particulièrement pour tout ce qui se rapporte aux concerts acoustiques.

Communiquer autour du concert

De plus amples informations doivent être collectées tout au long de ce processus d’organisation. Entre autres, la vérification des conditions techniques, sécuritaires et celles vis-à-vis du voisinage du lieu choisi. Faire une validation définitive de la salle, sous réserve d’un accord des autorités locales. Prévenir la mairie et déposer un dossier à la préfecture selon la taille de l’évènement. Chercher des techniciens ou prestataires qui œuvreront dans l’organisation, tout en établissant un budget prévisionnel et en déterminant dès lors le prix des places. Procéder par la suite à la confirmation des artistes, afin de contracter une assurance. Détail important aussi, définir un plan de communication et un plan média efficace autour de l’événement. Aussi bien sur les médias traditionnels que sur la toile. « C’est souvent le volet communication qui nous coûte le plus dans le budget. Le fait est que l’on doit payer pour la publicité, mais aussi contribuer au matraquage des artistes des mois à l’avance afin de mieux fédérer le public par la suite », souligne Liva Ramandratosoa de Gasy Events.

Respecter les étapes

En amont, toute une liste d’étapes est à considérer pour obtenir la bonne organisation d’un concert. À commencer par une séance de brainstorming s’impose auprès des organisateurs, durant lequel de nombreux points importants autour de ce projet de concert seront à soulever. Hery Randriamampianina, premier responsable de Mi’Ritsoka Production confie : « Tout d’abord, il importe de définir le projet en soi. De même, il faut entreprendre une petite étude de marché, voir ce qui se fait dans le coin, à la même période de la part des autres organisateurs. Par la suite, on décide de la date de l’événement, puis on se lance à la recherche des artistes, des informations financières y afférant, d’un lieu ou d’un espace. »

Textes : Andry Patrick Rakotondrazaka
Photos : L’Express de Madagascar

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