Politique

Rivo RAKOTOVAO – « Restons dans le cadre légal »

Rivo Rakotovao, président par intérim, lors du 50e anniversaire de la FJKM à Mahamasina, hier.

Le président par intérim prône le respect du cadre légal. La légitimité et la portée de l’acte fait, par ailleurs, l’objet d’une vague de contestation.

Une constante. «Pour le bien du pays et pour consolider les acquis démocratiques, restons dans le cadre légal et constitutionnel», déclare Rivo Rakotovao, président par intérim, en réaction à «l’accord politique», signé par des candidats à l’élection présidentielle, ven­dredi, à Nanisana.
Contacté, hier, le locataire d’Ambohitsirohitra indique que comme pour toutes les opinions et revendications, «tant qu’il n’y a pas un forcing, l’État écoute et analyse en tenant toujours compte du cadre légal». Le Chef de l’État par intérim insiste sur le fait que défendre l’intérêt supérieur de l’Etat implique de rester dans le cadre légal et constitutionnel. «Sortir du cadre constitutionnel implique des incertitudes qui risquent d’être ingérables», avance-t-il.
À l’issue d’une réunion avec, entre autres, la Com­mission électorale nationale indépendante (CENI), à Nanisana, vendredi, un groupe de candidats à la présidentielle ont signé «un accord politique». Dans cet acte, ils demandent la réouverture de la liste électorale, le remplacement de la Haute cour constitutionnelle (HCC), par une Cour électorale spéciale (CES), comme juridiction électorale.
La tenue d’une «conférence souveraine pour décider des mesures pour assainir le processus électoral», y est aussi inscrite. Lors d’une conversation téléphonique, hier, le candidat Tabera Randria­mantsoa, indique que la «conférence souveraine», devrait se tenir mercredi ou jeudi, au Centre de conférence internationale d’Ivato (CCI). «La société civile et les partis politiques légalement formés y sont aussi conviés», ajoute-t-il.

Extraconstitutionnel
Tabera Randriamanan­tsoa, martèle que «nous n’avons jamais demandé un report des élections. Ce que nous voulons, c’est une réouverture de la liste électorale». Le candidat Benjamin Radivdson Andriamahefamparany, vendredi, a, pourtant, reconnu que les termes de l’accord signifient «implicitement», un report du vote.
Certaines voix avancent qu’«étant une élection anticipée, pourquoi ne pas considérer le report. Ce serait, aussi, l’occasion de revenir dans un cadre normal. L’essentiel est d’avoir un nouveau Président trente jours avant 25 janvier 2019, date d’expiration de ce premier quinquennat». Maître Hery Rakotomanana, président de la CENI, durant la réunion de vendredi, toujours, a expliqué qu’une nouvelle révision de la liste électorale «prendrait au moins trois mois».
Bien que la crédibilité de la HCC soit remise en cause suite à des «décisions politiques», la Loi fondamentale ne prévoit pas une autre alternative comme juridiction électorale pour la présidentielle. À Ankadivato, samedi, Serge Zafimahova, membre du Madagascar développement et éthique (MDE), affirme que l’application de l’accord, «pourrait prendre deux ans. Ce qui veut dire, une nouvelle Transition avec les incertitudes que cela implique». Rien que la révision de la liste dépasse le deadline constitutionnel sur la présidentielle.
Le candidat Dider Ratsiraka a soutenu, ven­dredi, «Changeons tout ce qui ne va pas (…) ça prendra le temps que ça prendra». Le
candidat Joseph Martin Randriamampionona, a même dit le mot Transition, en affirmant, «nous pouvons le faire étant donné que ce sera forcément l’un de nous qui va diriger le pays». À Nanisana, des candidats ont, cependant, déjà évoqué le vice de «force exécutoire de l’accord politique». La souveraineté et la légitimité des candidats sont contestées.
«De quel droit vont-ils décider du report de l’élection et chambouler la vie de tout un pays ? Ils se prévalent d’installer l’État de droit dans leur propagande, ne vont-ils pas contre la loi ? », s’interroge Faraniaina Ramarosaona, membre de la société civile. Pour cadrer avec les textes l’idée de requérir un «cas de force majeure», devant la HCC a été évoqué, à Nanisana.
«Les failles dans la liste électorale valent-elles force majeure, alors que depuis 1960, y a-t-il eu une liste électorale sans faille ? Le fait de créer avec préméditation une situation de contestation antérieure à une élection vaut-elle force majeure ? Ne serait-ce pas plus grave de sortir le pays à nouveau du cadre constitutionnel et le plonger dans le chaos ?», lance Sahondra Rabenarivo, juriste.

 

4 commentaires

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  • Antso ho antsika vahoaka malagasy rehetra sy ireo kandida rehetra ireo izany ataon’ny filoha mpisolo toerana izany. Ary ny tena tiany hatongavana dia, ilay filaminana na fifidianana tontosa anaty filaminana aloha sy mandritra ary ao aoriana.

  • Izany ka tena filoha mendrika amin’ny maha filoha azy fa mampianatra antsika rehetra amin’ny fanarahan-dalàna tokoa izy ary azo halain-tahaka tsara izao fomba fijery izao. Ny azy dia tsotra ihany ny tanjony dia Madagasikara milamina sy mandroso lavitry ny herisetra sy kolikoly.

  • Marika izao fa mandray anjara tokoa ny filoha. Mbola endrika tsara avy amin’ny filoha teo aloha avokoa matoa mbola mijoro araka ny tokony ho izy ny fanjakana ankehitriny.

  • Faka tahaka izao nataon’ny filoha mpisolo toerana izao,indrindra fa ireo kandida ireo,tokony hajaina faona ny lalàna,tsy misy olona ambony lalàna izany eto fa ny lalàna dia natao hajaina foana.