Editorial

Liste noire

Pourquoi à l’heure des nouvelles technologies, on n’est pas capable de confectionner une liste électorale infaillible ? S’est-on donné tous les moyens pour que la liste électorale ne soit pas l’objet de tant de contestations ? C’est étonnant que dans les années Ratsiraka, où toutes les élections étaient normalement truquées à l’image de celles des pays du bloc Est, la liste électorale n’a jamais été un sujet de discorde, alors que tout se faisait à la main sans le moindre ordinateur, alors qu’il n’y avait pas de Ceni, alors qu’il n’y avait pas le moindre sou étranger.
C’est juste incroyable qu’on en arrive à cette pagaille. Certains parmi les vingt-cinq candidats signataires d’un accord politique ont à coup sûr des idées derrière la tête comme ils l’ont tenté lors de la réunion du Comité de réconciliation malgache, alors que d’autres comptent sur le mouvement pour annuler l’élection pour empêcher que la direction du pays revienne à un candidat dont on connaît les intentions, mais le fait est que la liste électorale comporte des erreurs inadmissibles et absolument contestables.
L’OIF a beau la valider, certainement les yeux bandés, elle comporte de flagrantes anomalies malgré l’enlèvement d’une centaines de mineurs et d’un millier de doublons. Des noms reviennent deux ou plusieurs fois dans cette liste sans que le logiciel de traitement et l’employé de la Ceni s’en aperçoivent. Des noms reviennent sept fois à la suite dans cette liste et il est impossible que celui qui est chargé de la vérifier laisse passer une telle bourde grosse comme un château.
La liste a été clôturée définitivement le 15 mai. Ce qui signifie que ceux qui sont morts depuis cette date jusqu’au 7 novembre y figurent toujours. À en juger les annonces nécrologiques quotidiennes dans les journaux, les morts inscrits constituent un sacré réservoir d’électeurs fictifs.
En revanche, les jeunes qui ont 18 ans révolus entre le 15 mai et le 7 novembre ne sont pas inscrits et n’ont pas le droit de voter. Ils se comptent également par centaines de milliers dans tout le pays. Pourtant la Ceni a dénombré 9 913 599 électeurs après avoir fixé préalablement qu’il fallait atteindre dix millions d’électeurs.
Comment peut-on faire confiance à une élection si dès la confection de la liste électorale, on est confronté à des réalités désarmantes et douteuses ? Si depuis la liste, on soupçonne des manigances malsaines, comment peut-on espérer avoir des résultats au-dessus de tout soupçon? Il est normal si, dès maintenant, des candidats annoncent qu’ils vont contester les résultats. La coupe est pleine quand la Haute Cour Constitutionnelle déclare que la requête de vingt-deux candidats pour la réouverture de la liste électorale est irrecevable. Est-ce que cela va dans le sens de la recherche d’une élection parfaite et acceptée par tous?
Qu’est-ce que cela coûte de revenir à l’ancien système où ceux qui ont été « extirpés » de la liste peuvent quérir une ordonnance au tribunal et voter le jour du scrutin. Pourquoi vouloir compliquer les choses et contribuer à l’avènement du chaos ? La HCC a fait pire en prenant des décisions tout à fait anti-Constitutionnelles et hors de ses attributions, elle peut très bien récidiver.

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