Editorial

Damnés de la terre

De nouvelles victimes de glissements de terrain à Tsimialonjafy et Tsimbazaza. Elles ne seront pas, hélas, les dernières. Depuis 2015, habiter sur les hauteurs de la ville de Tana, au flanc des collines devient mortel pendant la saison des pluies. Des zones non constructibles autrefois dégarnies mais surpopulation étant, problème de logement aidant, elles abritent aujourd’hui bon nombre d’habitants de la capitale contre vents et marées. Les victimes des années précédentes n’ont pas suffi pour persuader ces personnes exposées à un danger permanent de quitter les lieux encore moins les sensibilisations des autorités et de la préfecture. Les pluies annoncées pour les prochains jours vont aggraver les situations et feront inéluctablement d’autres victimes.
C’est le lot des occupants de ces lieux épargnés par les inondations, calvaire régulier des bas quartiers. à chacun sa besace dans une ville où l’anarchie comble l’inexistence d’un plan d’urbanisation, les constructions illicites suppléent les promesses non tenues de constructions de logements sociaux. Espérons que le projet IEM du président de la République Andry Rajoelina avec à la clé ville nouvelle et buildings résoudra, une bonne fois pour toute ces risques permanents. On ne peut demander aux habitants de dégager sans leur proposer une mesure d’accompagnement. Là où ils se trouvent, le terrain n’appartient à personne et la maison illustre l’économie de plusieurs années dans une conjoncture compliquée. Il n’est pas facile d’abandonner tout patrimoine malgré le danger. On se dit toujours que cela n’arrive qu’aux autres jusqu’au jour où on est pris dans une infernale glissade, d’habitude mortelle sauf miracle.
Habiter sur les flancs de ces collines, c’est brader la mort au quotidien en été comme en hiver. Des chutes mortelles dans la falaise ont été déjà signalées, il y a quelques années. Dans certaines habitations, des ravins servent de cour aux enfants. Il faut être un excellent funambule pour tenir l’équilibre et éviter le pire chaque jour pour traverser les ruelles étroites reliant un foyer à l’autre.
Dès que la pluie tombe drue, on s’attend à une crue de boue ou de pierres qui balaient tout sur son passage. La série est en cours. Les autorités doivent ainsi prendre des mesures radicales pour solder le bilan de l’hécatombe. Décréter tout simplement l’interdiction de construire et d’emménager sur ces zones dangereuses ou pourquoi pas raser complètement les habitations à risques. Gouverner, c’est prévoir et surtout anticiper quel que soit le prix. Il doit exister des bailleurs de fonds pour financer le relogement de ces irréductibles. Il y va de la vie de plusieurs personnes. On évitera ainsi de parler de fatalité le jour de l’investiture du Président ou de la colère des rois pour avoir tenté de lancer des feux d’artifice à Manjakamiadana. La fin de la crédulité fait partie du projet émergence.

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