Courrier des lecteurs

Décharge débordante

Vu sur le net : Au Top 10 des villes les plus sales en Afrique, Antana­narivo occupe la première place. Oui ! La première ! C’est sans doute le seul domaine dans lequel la capitale de Mada­gascar détient la palme d’or. Au niveau mondial, classée troisième, elle doit, par contre, se contenter de la médaille de bronze.
Sachant que tout ce qui paraît sur la toile n’est pas vérité d’évangile, on peut douter de la véracité de ce classement établi, semble-t-il, par le magazine Forbes. Mais, avec ou sans classement, doit-on se complaire dans cette saleté ambiante ? Doit-on se résigner à la banalisation de ces odeurs pestilentielles qui non seulement agressent les narines, les yeux et l’estomac mais obstruent également les chaussées, devenant en partie responsables des embouteillages déjà monstres ?

Vu à la télé le même soir : Lalao Ravalo­manana, Maire de la capitale, fustigeant la passivité de la SAMVA et réclamant l’aide du pouvoir central pour débarrasser la ville, dont elle est la Première Magistrate, des tonnes d’immondices qui jonchent ses rues.
Le même soir, sur la même chaîne : Le premier responsable de la SAMVA se défaussant sur la Commune, à propos du même problème.
Alors, à qui la faute ? à personne ! Bien entendu ! Car c’est bien connu : s’il y a un verbe que les politiques malgaches ne savent pas conjuguer à la première personne du singulier, ni même du pluriel (qui pourrait diluer les responsabilités), c’est bien
« assumer ». « Tsy mbô za, tsy mbô za, marina mafy io raha mbô za, Tsy za io fa ry zalahy » chantait Rossy il y a déjà plus de vingt ans. Depuis, la situation n’a fait qu’empirer.

Voulant sans doute prendre les devants, en vue du second tour de la présidentielle qui opposera son candidat de mari à celui qui a construit la bâtisse qui lui sert désormais de quartier général, Lalao Ravalomanana, la mine renfrognée devant un tas d’ordures, pose devant les caméras des journalistes. Une première ! Une stratégie de commu­nication réussie sans doute, aux yeux des Zanak’i Dada, majoritaires malgré tout dans la capitale.
Alors, des questions se posent : à qui incombe réellement l’assainissement et la propreté d’Antananarivo et des grandes villes de province ? Pourquoi l’élue n’assume-t-elle pas cet échec patent de sa gestion ? Pourquoi Lalao Ravalomanana est-elle si débordante de décharge pour elle-même malgré l’évidence ? Est-ce parce que sa ville n’a pas le monopole de la décharge débordante ? Questions vaines, peut-être ! Ou en attente de réponses aux prochaines municipales.

par Rivo Ranoelison

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