Notes du passé

Des minéraux uranifères dans l’Itasy

Henri Besairie dans les Gîtes minéraux de Madagascar récrit en 1964 que la minéralisation uranifère s’exprime dans l’île sous forme de niobotantalates d’urane,
« l’uranite étant exceptionnelle. Ces pegmatites sont une des caractéristiques de la minéralogie de Madagascar».

Le plus riche champ pegmatite à niobotantalates uranifères se trouve dans la partie centrale formée par l’Itasy, les zones d’Antsirabe et de Mandoto. Les pegmatites fournissent alors une production d’au moins une centaine de tonnes « sans intérêt économique ».
Les principaux minéraux uranifères de la région sont la bétafite, l’auxénite, la samarskite, l’ampangabéite et la fergusonite. « Seule la bétafite fournit un tonnage important avec une teneur d’uranium de 20 à 26%. »

Le bassin lacustre d’Antsirabe renferme des imprégnations d’autunite dans des argiles. Les réserves sont notables, mais il n’est pas possible de séparer le minerai.
Moins importants sont les champs pegmatitiques d’Ankazobe, de la Haute-Betsiboka et de Tsaratanàna, où l’on a surtout affaire à des
pegmatites à béryl à faibles teneurs en niobotantalates.

Les pegmatites de l’Itasy font l’objet d’une assez importante exploitation de 1908 à 1925 avec production d’une centaine de tonnes. Le CEA reprend ces exploitations de 1947 à 1950, mais on ne connaît pas sa production.
Le meilleur type de gros amas et le mieux connu est la pegmatite d’Ambatofotsy à 18 km à l’Ouest de Soavinandriana, dans l’Itasy. Exploité avant la première guerre mondiale, elle fournit une vingtaine de tonnes de bétafites. Le gisement est repris en 1948 par le CEA avec d’importants travaux souterrains
(1 200m de galeries, 390m de sondages).
Cependant les plus intéressants gîtes se rencontrent dans les gisements de thorianite du Sud, notamment dans la boucle du Mandrare. Ils sont inclus dans des schistes cristallins à faciès granulite. La thorianite tient de 5 à 25% d’uranium.

Dans cette région, la production de thorianite, débutant en 1953, atteint un total de 4 000 tonnes à la fin de 1963. Soit 50 tonnes en 1953, 98 tonnes en 1954, 203 tonnes en 1955, 536 tonnes en 1959, 510 tonnes en 1960, 416 tonnes en 1961, 534 tonnes en 1962 et 480 tonnes en 1963.
C’est l’année1955 qui marque le début des exploitations régulières. Le CEA poursuit les études au compteur avec fouilles et sondages. Il met en exploitation quelques gisements alluvionnaires à Marosohy et Amboanemba, et entreprend une prospection en scintillomètre aéroporté. En même temps, des exploitants privés conduisent des travaux parallèles avec petites laveries. La production passe à 200 tonnes.
Les exploitations se poursuivent régulièrement les années suivantes. Alluvions et éluvions sont rapidement taries. Les gisements en place de volume limité s’épuisent aussi mais moins vite, et les exploitations se déplacent. Amboanemba, ouvert fin 1955, est abandonné en 1958. Ambindandrakemba, ouvert en 1958, est en voie d’épuisement en 1963.
Cette même année, les exploitations portent sur six gisements et deux autres au sud de la Mananara.
Les principaux gisements exploités se trouvent dans le secteur de Tranomaro. Parmi eux, Ambindandrakemba où la thorianite est très riche en uranium avec des teneurs de 22%. Amboanemba est le premier gisement mis en exploitation industrielle, en grande carrière à ciel ouvert, mais il semble épuisé. La teneur en thorianite est de l’ordre de 3,5 pour 1000 et ce minerai tient 15% d’uranium.
Le gisement de Kotovelo est également important avec une teneur moyenne de thorianite de 4 pour 1000, mais celle-ci est pauvre en uranium (rapport thorianite/
uranium de 10,5). C’est aussi le cas à Morafeno (rapport Th/U de 12,5).
À Amboasarikely, le gisement est découvert par radiométrie aéroportée du CEA au milieu du bush épineux. La minéralisation, très fine et quasi invisible à l’œil nu, se trouve dans les cipolins. La thorianite tient du 14 à 20% d’uranium.

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  • Cette très intéressante synthèse ne parle malheureusement pas de la mine de de Vinaninkarena à une dizaine de km au Sud d’Antsirabe dont les déchets seraient laissés sur place sans traitement et seraient relativement dangereux pour la population.