Editorial

Dépotoir

Vingt-huit jusqu’à hier en attendant une dizaine aujourd’hui. Ils seront une quarantaine à avoir déposé leur dossier de candidature à l’élection présidentielle de novembre à la Haute Cour Constitutionnelle. Comme partout ailleurs, parmi les prétendants il y a ceux qui sont vraiment motivés par le patriotisme et poussés par l’insoutenable image de la pauvreté collée avec Madagascar. Ils viennent plus avec des idées, des projets, des convictions. Ils ne sont pas des milliardaires mais ils croient à l’intelligence de l’électorat pour ne pas se laisser berner par les gadgets et les attrape-nigauds. Dans ce lot figurent des artistes, des économistes, des entrepreneurs, des enseignants, des comptables, des magistrats, des avocats, des polytechniciens. Certains sont assez connus, d’autres le sont moins. Ils n’espèrent pas tous être élus mais leur candidature est déjà un engagement, une résolution de ne pas laisser la direction du pays aux éternels pirates qui le saccagent depuis plus d’un demi-siècle. Le candidat José Andrianoelison, brillant polytechnicien et politicien de carrière et non pas par nécessité, a si bien justifié sa participation. « Si on n’est pas satisfait de la situation dans laquelle nous vivons étant donné que les politiciens sont mauvais, il ne faut pas les laisser continuer à commettre leur forfait. Si on ne s’engage pas rien ne changera », a-t-il mentionné dans une interview.
Hélas, un « cerveau » comme lui a peu de chance dans une élection où 80 % de la population n’ont pas fait le primaire et s’identifient à celui qui leur ressemble. Même s’il affirme vouloir lutter contre la corruption et restaurer la discipline après avoir laissé régner ces deux fléaux pendant cinq ans.
En tout cas la majorité est d’accord pour un changement radical de gouvernance et de dirigeants si l’on veut vraiment

Puis il y a ceux qui viennent justement moins avec des idées mais beaucoup de sous et une détermination de gagner coûte que coûte, quoi qu’il en coûte. Ce sont des self made men qui ont goûté à la douceur du pouvoir et veulent y revenir à n’importe quel prix. Soit ce sont d’anciens présidents ,soit d’anciens Premiers ministres, soit d’anciens ministres qui veulent reconquérir des situations avantageuses et des sièges en or qui leur permettent d’avoir une vie confortable.Ils disposent d’un trésor de guerre assez important amassé durant leur passage au gouvernement et veulent fructifier l’argent. Ils croient pouvoir tout faire avec l’argent y compris changer le verdict des urnes.

Puis il y a les directeurs de conscience d’église qui peuvent compter sur le soutien inconditionnel de leurs fidèles. Ils comptent diriger le pays avec la dévotion pour solutionner l’extrême pauvreté et les autres problèmes comme si 60 ans de prière ne suffisaient pas. Mais ils peuvent bien battre certains candidats sérieux étant donné qu’ils n’ont pas besoin de convaincre leurs électeurs qui vont voter les yeux bandés et les mains liées au destin de leur gourou.
Puis comme dans les concours de télé réalité, il y a les clowns pour épater la galerie. Ceux qui sont toujours là avec une assiduité infaillible même s’ils ont été crédités d’un score famélique dans leurs précédentes tentatives. À se demander ce qu’ils espèrent et pourquoi ils jettent de l’argent par la fenêtre.
La Haute Cour Constitutionnelle va faire le tri avant de publier la liste des candidats admissibles à la présidentielle. Histoire de prouver que cette institution autant que le pays n’est pas un dépotoir ni de déchets radioactifs ni de déchets des urnes.

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