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Vohémar – Le navire Lumina réapparaît

Le navire Lumina refait parler de lui après son arraisonnement sans suite, par le gouvernement, en février 2017.

Arraisonné à Toamasina le 10 février 2017, le Lumina transportait alors soixante tonnes de bois de rose. Dernièrement, le navire est apparu à Vohémar.

Résurrection. Le cauchemar du trafic de bois de rose revient à l’esprit dès que le Lumina est visible. En effet, le navire refait parler de lui. Lumina a été arrêté le 10 février 2017 pour tentative d’exportation de 345 rondins de bois de rose au large du cap Masoala à Maroantsetra. Son propriétaire n’a jamais réellement été inquiété tandis que les marins attendent jusqu’à présent leur procès dans la prison de Tsiafahy. Aucune levée de saisie ni de scellé n’a été communiquée car un quelconque procès ne s’est jamais tenu, malgré les promesses du chef du gouvernement de l’époque de poursuivre les auteurs du trafic, à commencer par le propriétaire du navire, présumé être un multimilliardaire de nationalité malgache.
« Prenez-moi au mot en tant que chef du gouvernement, je vous assure que ceux qui sont impliqués dans cette tentative d’exportation illicite seront sanctionnés de manière exemplaire », avait annoncé Olibier Mahafaly, alors Premier ministre, le 17 février 2017. Mais coup de théâtre, le navire se trouvait bel et bien au port de Toamasina le 8 août dernier et il est depuis quelques jours au port de Vohémar. Le Lumina est indiqué exercer du « trafic d’influence » auorès des autorités de ce district.

Craintes
Le bateau aurait demandé au chef de district de Vohémar une « autorisation spéciale » de priorité. Les embouteillages se faisant sentir dans ce petit port d’éclatement, le navire ne peut ainsi patienter comme les autres. Solofoniaina Randalana Régis, adjoint au chef de district de Vohémar a ainsi émis une réquisition à la Société de gestion du port d’Iharana afin de donner une « priorité de mise à quai et de déchargement dès réception » en faveur du Lumina.
La cargaison du navire est présentée être du sel marin. Une source locale indique toutefois, qu’il n’y pas risque de pénurie de sel dans le district de Vohémar ni ailleurs dans cette partie de la région Sava. Cette tentative de « dépassement » met ainsi les autres bateaux en attente depuis des semaines, en rogne. « Nous sommes déjà obligés de faire face à l’incapacité de ce petit port à supporter le trafic. Et voilà que d’autres, …aux bras longs essaient de ne pas faire la queue », indique un caboteur national.

Navalona Randrianaivojaona, chef de district de Vohémar, étant en déplacement, n’a pas pu suivre les événements, mais a ordonné à son adjoint d’arrêter net cette réquisition. « Ce n’est pas de la compétence de mon adjoint et d’un, car soit moi soit le préfet peut ordonner une réquisition en cas d’urgence. Et de deux, il faut demander l’avis des autorités portuaires », explique-t-il au téléphone hier. Il n’a pas été possible de contacter le propriétaire du navire, qui aurait changé depuis l’« affaire Lumina » en 2017. Les rondins étaient dissimulés sous 35 tonnes de sel marin lors de cet arraisonnement en février 2017.