Notes du passé

La marche vers l’Indépendance

Le 14 octobre 1958, dans le grand amphithéâtre du Lycée Gallieni, la République malgache vient d’être proclamée.

Après le Référen­dum du 28 septembre 1958, le choix du statut de l’État malgache constitue la prochaine étape de l’autodétermination. Le Congrès des Assemblées provinciales se réunit, le 14 octobre 1958, dans le grand amphithéâtre du Lycée Gallieni. Norbert Zafimahova est élu président du Congrès par ses collègues. Une proposition est aussitôt mise aux voix : « Madagascar est érigé en État et cet État est une République malgache. » Par 208 voix sur 234 votants, la proposition est adoptée. La République est immédiatement proclamée. Selon des témoins, l’émotion est considérable: après l’enthousiasme et les accolades, tous les membres du Congrès sortent pour annoncer à la foule la bonne nouvelle.
Le lendemain, 15 octobre, le haut commissaire Soucadaux déclare solennellement la caducité de la loi dite « loi d’annexion » du 6 août 1896. « Après avoir pris acte, au nom du gouvernement de la République française, du vote du 14 octobre 1958, la France reconnait l’institution de l’État malgache. » Le 16 octobre, nait l’Assemblée constituante dont les membres sont désignés parmi ceux du Congrès. « Les couleurs de l’emblème national, sont arrêtées : l’association du blanc, du rouge et du vert matérialise l’Unité de la Nation » ( Histoire de Madagascar, ouvrage pour les classes terminales, 1967).
Un gouvernement provisoire avec, à sa tête Philibert Tsiranana, assure l’Exécutif du jeune État, pendant que l’Assemblée nationale, sous la présidence de Norbert Zafimahova, élabore la Consti­tution. En janvier 1959, des protocoles d’accord mettent à la disposition de La République malgache, les fonctions d’autorité et les services de l’ordre public. Le 29 avril, la Constitution prévue par la loi du 14 octobre 1958, est adoptée.
L’élection du président de la République se déroule le 1er mai 1959, au Palais de Tsimbazaza. Le Congrès, formé de la réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat, nouvellement constitué, doit choisir entre quatre candidats. Au premier tour du scrutin, Philibert Tsiranana recueille 113 voix sur 113 exprimés et devient président de la République. Le gouvernement provisoire démissionne. Le Président prête serment à Mahamasina où l’Hymne national est chanté pour la première fois. Le premier gouvernement entre en fonction le 14 mai : un vice-président, Albert Sylla, chargé de l’Agriculture, sept ministres et trois secrétaires d’État, le composent.
Mais déjà en mars 1959, la première session outre-mer du Conseil exécutif de la Commu­nauté se réunit, à Madagascar, pour discuter des questions de représentation des États membres auprès des nations étrangères à la Communauté, et surtout des relations avec les organisations spécialisées de l’ONU. C’est en quelque sorte une remise en cause des liens fédératifs. Les Maliens sont à l’origine de ces discussions délicates, car le voisinage du Ghana et du Nigeria déjà indépendants les rend impatients. La deuxième session outre-mer du Conseil exécutif se tient six mois plus tard, à Saint-Louis du Sénégal. Le 13 décembre, le général de Gaulle admet le principe de l’accession du Mali à la souveraineté internationale. Et d’ajouter : « La France considère que cette transformation ne doit pas empêcher la coopération et déchirer l’amitié. »
Dès le début de 1960, profitant de ce nouveau contexte de la Communauté, le président Philibert Tsiranana, prépare avec le gouvernement, une Conférence franco-malgache au cours de laquelle le transfert des compétences sera demandé. Des techniciens sont désignés pour former la délégation. Les négociations débutent à Paris, à l’Hôtel Matignon, le 11 février. De retour au pays, Philibert Tsiranana exprime sa confiance en l’avenir des relations franco-malgaches :« La souveraineté nationale n’est pas incompatible avec une coopération des deux nations. »
Les accords du 2 avril 1960 sont paraphés dans les salons de l’Hôtel Matignon, par le président Philibert Tsiranana et le Premier ministre français, Michel Debré. Ainsi, « la République malgache est un État indépendant et souverain. Elle n’est plus liée à la Communauté par la Constitution de 1958. Son adhésion, volontaire, résulte des présents accords. La régularisation de cette nouvelle situation interviendra au cours de la prochaine session parlementaire, au mois de mai » Traitant « d’égal à égal », les deux États s’accordent pour définir
« les domaines d’une coopération volontaire » : la politique étrangère, la défense, les questions monétaires, économiques et financières, et judiciaires, l’enseignement, les transports, les télécommunications. « Malgaches, vous êtes et resterez nos frères », prononce Jean Foyer, secrétaire d’État chargé des relations avec les États membres de la Communauté. C’était le 26 juin, au Palais d’Andafi­avaratra, juste après la signature des accords de coopération paraphés à Paris. Quelques instants plus tard, à Mahamasina, devant une foule considérable, debout sur la Vatomasina, le président Tsiranana proclame l’Indépendance.

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