Opinions Texto de Ravel

Femmes, revenons sur ce qui nous revient de droit !

Une ribambelle de conventions, de chartes, de pactes et autres ont été signés par Madagascar. Nous ne reviendrons pas sur le comment ni le pourquoi de ces actes mais nous retiendrons deux points essentiels. Premièrement, une fois que le pays a signé, ses dirigeants ont l’obligation de suivre ces engagements à la lettre et mot par mot. Deuxièmement, le peuple a le droit voire le devoir de les rappeler à l’État. Aussi, pour la question du genre, du droit de la femme, revenons sur un élément que Madagascar a signé et qui est pourtant bafoué : la « Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes » ou CEDEF.
Rappelons que ce texte est un élément clés de la mise en œuvre de la Charte des Nations Unies qui réaffirme la foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine et dans l’égalité des droits de l’homme et de la femme. Elle sous-tend également la Déclaration universelle des droits de l’homme qui affirme le principe de la non-discrimination et proclame que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit, et que chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés qui y sont énoncés, sans distinction aucune, notamment de sexe. Aussi, les États (dont Madagascar) parties aux Pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme ont l’obligation d’assurer l’égalité des droits de l’homme et de la femme dans l’exercice de tous les droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques.
L’instauration du nouvel ordre économique local, national et international fondé sur l’équité et la justice contribuera de façon significative à promouvoir l’égalité entre l’homme et la femme. Conscients que le rôle traditionnel de l’homme dans la famille et dans la société doit évoluer autant que celui de la femme si on veut parvenir à une réelle égalité de l’homme et de la femme, la CEDEF engage les pays à adopter les mesures nécessaires à la suppression de cette discrimination sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations.
Reprenons ainsi, pour simple exemple de l’État barbare et sans loi dans lequel les femmes malgaches vivent, l’article 2 de la CEDEF qui y annonce les devoirs des États : « Les États parties condamnent la discrimination à l’égard des femmes sous toutes ses formes, conviennent de poursuivre par tous les moyens appropriés et sans retard une politique tendant à éliminer la discrimination à l’égard des femmes et, à cette fin, s’engagent sur plusieurs points ».
Premier point : inscrire dans leur constitution nationale ou toute autre disposition législative appropriée le principe de l’égalité des hommes et des femmes, si ce n’est déjà fait, et assurer par voie de législation ou par d’autres moyens appropriés l’application effective dudit principe. Deuxième point : adopter des mesures législatives et d’autres mesures appropriées assorties, y compris des sanctions en cas de besoin, interdisant toute discrimination à l’égard des femmes. Troisième engagement : instaurer une protection juridictionnelle des droits des femmes sur un pied d’égalité avec les hommes et garantir, par le truchement des tribunaux nationaux compétents et d’autres institutions publiques, la protection effective des femmes contre tout acte discri­minatoire. Quatrième engagement : s’abstenir de tout acte ou pratique discriminatoire à l’égard des femmes et faire en sorte que les autorités publiques et les institutions publiques se conforment à cette obligation.
Cinquième point : prendre toutes mesures appropriées pour éliminer la discrimination pratiquée à l’égard des femmes par une personne, une organisation ou une entreprise quelconque. Sixième engagement : prendre toutes les mesures appropriées, y compris des dispositions législatives, pour modifier ou abroger toute loi, disposition réglementaire, coutume ou pratique qui constitue une discrimination à l’égard des femmes. Et dernier point de cet article 2 : abroger toutes les dispositions pénales qui constituent une discrimination à l’égard des femmes.
La honte à l’Etat Malagasy qui signe une chose pour être bien vue et qui pourtant acte des lois qui font entrave au droit à la vie des mères !

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