Editorial Opinions

Solution pommade

L’élection sera-t-elle la panacée à tous le maux ? Cela fait soixante ans qu’on inculque que seule une élection démocratique peut conduire vers le développement. Et les électeurs y ont cru. Après une crise marquée par une manifestation de rue menée par un prétendu messie, ils se rendent aux urnes. À tous les coups, c’est le désenchantement. L’heureux élu qui était un agneau pendant la campagne électorale se transforme en loup garou en cours de mandat. Et on revient dans les rues.
C’est encore le cas actuellement. Pire, on ira aux urnes avec le pire des lois électorales contestées par des soi-disant députés du changement qui, une fois devenus ministres ont complètement oublié leurs revendications. Ils ont manifesté pour enlever des articles interdisant leur gourou de se présenter à la présidentielle. La Haute Cour Constitutionnelle a exaucé leur vœu. Pire, la HCC a extirpé tous les articles de discorde sauf celui permettant le financement de la campagne électorale par des fonds occultes de l’étranger. Une disposition qui favorise particulièrement les barons pendant laquelle le trafic de bois de rose a atteint le summum. Hier, le Samifin a révélé que des politiciens et des opérateurs économiques étaient impliqués dans le blanchiment de l’argent du trafic de bois de rose. Sans révéler des noms, le Dg du Samifin a dressé des portraits robots très précis permettant d’identifier de
qui il s’agit.
La prochaine élection présidentielle risque ainsi de porter à la tête de l’État un ancien putschiste comme ce fut le cas dans certains pays d’Afrique à l’image du Burkinabé Blaise Compaore, du Malien Amadou Toumani Touré, du Sierra Léonais Julius Maada Bio, du Nigérien Seyni Kountché et bien d’autres.
On peut donc comprendre que l’ancien président de la Transition s’oppose farouchement à toute idée de refondation de plus en plus réclamée par la plupart des politiciens, y compris l’ancien président Marc Ravalomanana. Il faut bien remettre les choses à plat pour que les élans, les sacrifices consentis sur les pavés du parvis ne restent éternellement des illusions perdues et ne servent que les intérêts personnels des manipulateurs de foule.
Que peut-on espérer d’un prétendu « révolutionnaire » qui a mis le pays sens dessus dessous pendant cinq ans laissant comme héritage une pauvreté inénarrable et une anarchie digne des hommes des cavernes.
Il est temps de se lever contre des pseudo élections démocratiques pour les beaux yeux de la communauté internationale et des bailleurs de fonds. Tout est biaisé dès le départ avec 80 % des 10 millions d’électeurs enseignés par des maîtres Fram, donc qui ne savent que le montant des sommes distribuées durant les campagnes. La refondation, c’est d’abord d’éduquer et de développer cette armée de réserve composée de citoyens marginalisés et sacrifiés qui donneront toujours leur bulletin contre un morceau de savon ou un kilo de riz.
Tout est à revoir, en fait, pour pouvoir parler d’une élection inclusive, transparente et acceptée par tous. Depuis 1960, cela n’a jamais été le cas. Une élection démocratique, c’est plus un scrutin à dimension humaine qu’un vote qui se résume en terme de budget et de matériel. Si cela n’est pas le cas, rendez-vous dans trois ans pour une putsch contre un ancien putschiste ou une ancienne victime de putsch.

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  • Puisse-t-on vous lire en grand nombre, il est temps que ce pays sacrifié aux intérêts d’une minorité soit administré par des personnes sensées, uniquement conduites par la dignité et le dévouement pour leurs concitoyens afin de les extirper de cette pauvreté chronique qui ne devrait pas exister, c’est incontestable. La véritable vision responsable consiste à imaginer des solutions économiques court terme, immédiates, il y a urgence. C’est la société malgache et ses valeurs ancestrales qui sont en train de se disloquer. Souhaitons que vos propos agissent idéalement jusque dans la conscience des artisans de cette situation délétère que l’aveuglement finira par atteindre aussi. Sait-on jamais..