Océan indien

Comores – Un référendum pour renforcer les pouvoirs du Président

Les Comoriens sont appelés à se prononcer sur une vaste réforme constitutionnelle, le 30 juillet. En cas de victoire du « oui », elle permettra non seulement au Président Azali Assoumani de se présenter pour un second mandat consécutif mais renforcera aussi ses pouvoirs, selon le projet consulté par l’AFP.
Les électeurs auront à répondre par « oui » ou « non » à la question «Approuvez-vous le projet portant révision de la Constitution du 23 décembre 2001, révisée en 2009 et en 2013 ?».
Le projet renforce les pouvoirs du président de l’Union des Comores qui conclut et ratifie les traités et les accords internationaux sans consulter le Parlement.
Il permet au Président de se représenter pour un second mandat de cinq ans «renouvelable une fois», alors que l’actuelle Consti­tution n’autorise qu’un mandat de cinq ans non renouvelable.
Selon le projet, les postes des trois vice-présidents sont également supprimés, tout comme la Cour constitutionnelle.
La notion de laïcité disparaît dans le texte. «L’islam est religion d’État» et «l’État puise dans cette religion les principes et règles d’obédience sunnite», peut-on lire dans le projet.
L’Union des Comores, petit archipel de l’océan Indien, compte 99 % de musulmans, principalement sunnites. Mais l’opposant et ancien Président Ahmed Abdallah Sambi est, lui, considéré comme proche de l’Iran chiite.
En cas de victoire du « Oui » au référendum, le président Azali, un ancien putschiste élu en 2016 à la présidence, se représentera lors d’une élection anticipée en 2019. Si le « Non » l’emporte, le Président se retirera, a d’ores et déjà prévenu son porte-parole, Mohamed Ismailla.
L’opposition comorienne, qui dénonce depuis des mois «les abus de pouvoir» du président, avait jugé «illégal» le référendum, ce week-end.
Les Comores ont été agitées par des crises séparatistes et coups d’État jusqu’à l’instauration en 2001 d’une nouvelle Constitution et du système de la présidence tournante, tous les cinq ans, entre les trois îles (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan) qui forment l’archipel.
C’est ce système que le Président Azali entend remettre en cause.

© AFP

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