Editorial

Pile ou face

Journée cruciale demain pour les vingt-cinq millions de Malgaches. Dix millions d’électeurs vont décider de sort de la totalité. Deux candidats certainement pas les meilleurs parmi les trente-six au départ vont disputer le second tour de l’élection présidentielle. L’un et l’autre ont déjà été à la tête de l’État. L’un y est arrivé à travers les urnes, a été sorti par les armes. L’autre y est parvenu avec les armes et tente d’y revenir à l’épreuve des urnes. Le pays a du perdre dix ans pour que les deux hommes se retrouvent pour régler leurs comptes à la régulière. La campagne électorale a permis de sentir qu’ils cultivent encore une haine réciproque. Que les poignées de main ne sont que de circonstance, les sourires, carnassiers pour l’un, narquois pour l’autre ne le sont pas moins.
Les débats télévisés entre les deux candidats n’ont pas permis de départager les deux protagonistes. Beaucoup de questions sont restées en suspens. Ils ont laissé l’opinion sur sa faim. La vantardise a pris le dessus sur la clarté du programme, les précisions sur les projets. Leur prestation a semé le doute quant à leur capacité réelle de diriger le pays. Trop d’approximations, beaucoup de raccourcis ont émaillé les débats de part et d’autre. Ils sont loin de cerner plusieurs sujets capitaux ou accessoires et n’ont proposé que des projets vagues et superficiels.
Mais la population doit faire un choix pour arrimer le pays à un nouveau destin. On ignore si le taux de participation va augmenter grâce à la qualité des deux candidats ou va baisser à cause de la médiocrité des deux candidats. Les 46 % d’abstentionnistes du premier tour peuvent faire la différence s’ils daignent se rendre aux urnes. Le fait est que le taux de participation est fonction de la nouveauté des candidats. Ainsi l’élection présidentielle de 1992 entre Ratsiraka et Zafy avait atteint un record de participation tout comme la présidentielle de 2001 entre Ratsiraka et Ravalomanana. Cette fois, on doit choisir entre deux candidats de deuxième main. Ceci explique l’inappétence des électeurs .
Ensuite, quels que soient la nature des candidats, le taux de participation au second tour a toujours été faible par rapport à celui du premier tour.
Dans tous les cas, même avec dix votants, un président sera élu à l’issue du second tour. Ceux qui n’ont été convaincu par la campagne électorale peuvent procéder par pile ou face. Le hasard fait souvent bien les choses. À preuve, les deux candidats.

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