Editorial

Pety tesse

Si l’ère Rajaonarimampianina s’est distinguée par l’absence de prisonnier politique, celle du tandem Rivo Rakotovao -Christian Ntsay commence par l’incarcération du premier prisonnier politique. Ironie de l’histoire, il s’agit du bouillant Pety Rakotoniaina, ancien maire de Fianarantsoa condamné à 10 ans de travaux forcés et emprisonné à Tsiafahy le 19 mai 2008 par Marc Ravalomanana et libéré sans formalité par Andry Rajoelina au lendemain du coup d’Etat de 2009 qui l’a renommé président de la délégation spéciale de Fianarantsoa le 1er avril 2009. Poste qu’il quittera en 2015.
Fondateur du parti Tambatra, Pety Rakotoniaina s’est d’abord effacé des tablettes politiques avant de réapparaître au sein du mouvement Hetsika ho an’ny fanorenana Ifotony cette année. Le HFI réclame surtout l’annulation de l’élection présidentielle et a rameuté la population sur le parvis de l’hôtel de ville au mois d’août sans grand succès.
Pety Rakotoniaina intervient également de façon régulière sur les plateaux de télévision pour faire passer son message. Ses dernières interventions sont très virulentes à l’endroit de celui qui l’a sorti de Tsiafahy en l’occurrence Andry Rajoelina dont il réclame d’ailleurs la disqualification à l’élection présidentielle de novembre. Pety Rakotoniaina ne mâche pas ses mots à l’endroit du patron de Mapar.
La semaine passée on l’a vu a l’hôtel Colbert aux côtés de certains acteurs politiques qui réclamaient la recomposition de la Ceni, de la Haute Cour Constitutionnelle et du gouvernement .
Le fondateur du parti Tambatra s’affichait également aux côtés des leaders du mouvement sécessionniste Fanjakana gasy. C’est le geste de trop qui a causé son arrestation suite à une plainte contre x déposée par l’Etat. C’est là qu’on se perd en conjectures étant donné que Pety Rakotoniaina n’est pas un leader de ce mouvement et que celui qui a été arrêté à Antaninarenina avant la tenue d’une conférence de presse dans un hôtel a bénéficié d’une liberté provisoire. Pety Rakotoniaina a donc été arrêté là où on s’y attend le moins. Mais il est peut-être l’élément le plus redouté et le plus connu dans cette histoire rocambolesque même si son audience, sa notoriété et sa capacité de nuisance ont été réduites à néant après ses frasques et une gestion catastrophique de la commune urbaine de Fianarantsoa.
Mais ses propos virulents contre Andry Rajoelina pourraient également être à l’origine de son arrestation. C’est le gouvernement de Christian Ntsay qui aurait déposé la plainte appuyée par le président par intérim Rivo Rakotovao qui a annoncé que des mesures seraient prises contre les tentatives de sécession.
Le climat politique se détériore davantage à trois semaines de l’élection présidentielle. Outre la tension latente causée par une liste électorale bâclée, cette arrestation vient alourdir l’atmosphère même si Pety Rakotoniaina est loin de constituer une personnalité dont l’opinion réclamera la libération immédiate. Néanmoins on aurait compris si on l’avait arrêté au moment où il tenait meeting sans autorisation sur le parvis de l’hôtel de ville que lorsqu’il n’est pas en action. De toutes les façons, il a plus d’importance en prison qu’au dehors. On voit mal comment il peut mener à bien son entreprise. D’ailleurs lui-même le fait sans grande conviction mais obéit aux ordres de quelqu’un qui tire les ficelles derrière les rideaux. Une petitesse qui lui coûte cher. Peut-être que Pety Rakotoniaina révélera le nom de son gourou pour se tirer d’affaire lors du procès. En attendant, on se serait bien gardé de mettre de l’huile sur le feu et de jouer le jeu de ceux qui cherchent à tout prix un cas de force majeure pour un sujet mineur.

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