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Suspicion de vol d’organe à Betafo – Justice populaire contre un opérateur

Des suspicions de trafic d’organes et d’ossements humains contre un trader sèment à nouveau la confusion à Betafo. Le pillage continue, faisant deux morts et trois blessées.

Le nœud gordien demeure. Des affleurements de méfiance contre un opérateur économique notoire dans la ville de Betafo viennent de se manifester après ceux à Antsahondra qui restent toujours d’actualité. Vingt-six pièces de bombes lacrymogènes ont été utilisées pour disperser la cohue, dans la soirée de lundi après un pillage des biens du trader en question, et ceux de ses proches. Sa maison a été incendiée, un garage, une voiture légère et trois magasins, dont l’un à Antsirabe saccagés. Ces exactions, selon le bilan officiel établi par l’Etat-major mixte opérationnel de la région (Emmo/reg), ont fait deux morts, dont un enfant de trois ans et demi, et trois femmes blessées, membres de la famille de la cible. Le tumulte suivi de jets de lacrymogènes a continué hier soir devant un magasin de l’opérateur à Andrefan- tsena-Antsirabe. Tout a commencé avant-hier. Il était vers 18 heures quand une voix appelant au secours, à en croire les villageois, a été entendue depuis l’extérieur de l’appartement de ce mis en cause. Du coup, les passants ont commencé à s’attrouper et se bousculer pour voir ce qui se passait. « L’on a trouvé un homme, ex-ouvrier de cette famille aisée à terre et ensanglanté», a relaté un confrère.
Des traces de sang ont été relevées à l’intérieur, mais restent à élucider à travers l’enquête. Choquée par cette violence, la masse s’est déchaînée contre l’agresseur. Cela s’est ensuite transformé en une véritable mise à sac. Les gens ont saccagé tous les biens de ce présumé trafiquant, ainsi que ceux de ses proches. D’importants dégâts ont été constatés.
Selon pourtant les dépositions de ce grossiste à la gendarmerie peu avant le soulèvement, il a été victime d’une attaque à main armée.
« Suivant ses dires, il se serait défendu lorsque le présumé bandit a failli le tuer. Il l’aurait alors tabassé», a raconté l’adjoint commandant de groupement de la gendarmerie de Vakinankaratra, hier.

Difficile à maîtriser
Une autre maison dotée d’un local commercial dans la ville d’Antsirabe, à Andrefantsena, appartenant à ce grand opérateur a été saccagée par une cohorte qui s’est rapidement formée en apprenant la révolte à Betafo. Figurant parmi les blessées, l’épouse de ce grand homme qui a pris la fuite se trouve à l’hôpital et n’a pu donner sa version des faits.
« Concernant la cloche retrouvée chez eux, nous n’avons constaté rien de suspect. Une église à Ambohipihaonana leur a confié ce matériel à l’époque où il y avait encore des rumeurs sur les vols de cloche », a souligné le responsable du fokontany.
Les éléments de l’Emmo/reg se sont transportés sur place, lundi vers 19 heures pour rendre le calme. « Les policiers étaient déjà sur les lieux avant les gendarmes, en renfort depuis Antsirabe et Mandoto. La situation n’a pas été facile à maîtriser », a affirmé l’adjoint commandant. Hier, à l’issue d’une réunion d’urgence de l’organe mixte de conception (OMC), les forces de l’ordre renforceront donc la patrouille de jour et de nuit à Betafo et les contrôles d’identité des noctambules, à partir de 21h. D’après les dernières informations reçues, la situation semble se rétablir dans cette localité.
A ce jour, il s’agit d’un soupçon, comme l’indiquent les enquêteurs, malgré les faits que la victime ait déjà été traduite devant le parquet pour des actes similaires en 2013 avec huit autres complices.
Au fil du temps, la panique s’est emparée de plusieurs personnes. Cette fois-ci, les habitants, exaspérés, ont frappé fort.

 

2 commentaires

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  • Les vols d’ossements, qui ne valent strictement rien, sont tout de même bien protégés. On arrête une centaine de voleurs par an, mais on n’a jamais ensuite de poursuites contre ceux à qui ils étaient destinés. Quant aux vols d’organes, ca devient une marotte. Les gens de Nosibe qui se pavanaient après avoir brûlé vif deux vazaha n’ont toujours pas été exécutés. Prélever des organes c’est possible. mais cela suppose de définir la compatibilité tissulaire auparavant (1 chance sur 1 million), de prélever dans des conditions hôpital chirurgical et d’assurer le transport dans les 24 h. Aucun de ces conditions n’étant remplies, il n’a pas de vol d’organes à Madagascar, il n’y en aura pas avant des dizaines d’années. Ces folies furieuses excitées par des bénéficiaires en quête de rapine doivent être châtiées avec la plus grande rigueur et même si pour cela il faut décimer des villages entiers.

  • horreur absolu. la Justice populaire c’est le moyen âge ! quand on tue un enfant de 3 ans, c’est qu’on n’a plus rien d’humain (et je ne voudrais pas insulter les animaux !)