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« Grand océan indien » – Une zone à enjeux majeurs

Le CEDS invite à réfléchir sur la manière d’éviter les conflits dans le « Grand océan Indien ». Une zone où la compétition entre les grandes puissances fait rage.

Anticipation. Le mot a été dit à plusieurs reprises, hier, lors de la conférence de presse du Centre d’étude diplomatique et stratégique (CEDS), à Ankorondrano. Une rencontre avec les journalistes pour donner les thèmes du colloque international qu’il organise la semaine prochaine autour du thème : « La stabilité du “Grand océan Indien”, et de son arrière-zone dans un monde multipolaire en pleine mutation : Perspectives géostratégiques et géoéconomiques ».
Lors des échanges, il a, surtout, été question des enjeux de la zone « Grand océan Indien ». Un espace qui regorge de certaines des plus importantes voies du commerce maritime international. Une zone malmenée par l’insécurité maritime, à cause de la piraterie,
mais aussi, avec des pays frontaliers, encore, vulnérables économiquement et militairement pour certains, mais avec d’énormes potentiels, par son sous-sol.
Étant donné l’évolution de la conjoncture internationale, de ce qui s’apparente à un début de renversement des intérêts politiques et économiques, « il nous faut anticiper toutes les éventualités afin d’éviter de mauvaises surprises », a déclaré le contre-amiral Lucien Rakotoarison, membre du CEDS. L’officier général de la marine nationale explique, qu’étant donné que les frontaliers de l’océan Indien sont, pour beaucoup, fragilisés, soit par des crises, soit par les difficultés économiques. Des pays pesant peu sur l’échiquier politique et économique mondial, donc.

Compétition
« Tout cela fait que l’océan Indien est une zone de compétition des intérêts stratégiques des grandes puissances », ajoute le contre-amiral Rakotoarison. La tournure que tend à prendre la conjoncture internationale, ferait craindre que cette « compétition », se transforme en « conflit ». L’objectif du colloque organisé par la CEDS serait, alors, de « lancer l’alerte », afin de faire comprendre, que personne n’a intérêt à ce que « la paix et la sécurité », dans le
« Grand océan Indien », soient remises en cause.
« Ce colloque est organisé par des Malgaches. Il s’agit donc, aussi, de défendre les intérêts de Madagascar », a indiqué Solofo Rasoarahona, délégué général du Centre. Michelle Rakotoson, écrivain, qui sera parmi les intervenants durant le colloque, a soutenu que « pour la première fois, Madagascar ne sera pas en posture de victime mais, de donneur d’alerte, que l’île initiera une veille intellectuelle ».
Outre les acteurs malgaches, des institutions américaines et indonésiennes partageront, également, leur expertise durant ce colloque. « Le flux migratoire dans le “Grand océan Indien”, la diplomatie dans cette zone, l’environnement stratégique, les problèmes sécuritaires, notamment, maritimes, la géostratégie, les conflits et l’économie bleue », seront les sujets de réflexion, les 23 et 24 février, a indiqué le général Léon Jean Richard Rakotonirina, directeur des études au CEDS.

Garry Fabrice Ranaivoson