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Code de la communication – Les journalistes déçus par la HCC

Les journalistes ont fait part, hier, de leur déception quant à la décision de conformité à la Constitution du code scélérat. Les gens de la presse en appellent au Chef de l’État.

Déçu. Le mot est peut-être fort, mais est approprié et résume le sentiment des journalistes suite à la décision de la Haute cour constitutionnelle (HCC), de déclarer conforme à la Constitution le code de la communication médiatisée. Un texte pourtant contesté de toute part par l’opinion nationale et internationale, à cause de la tendance liberticide de la plupart de ses dispositions, non seulement pour l’exercice du métier de la presse, mais aussi pour le citoyen.
Les journalistes ont ainsi fait part de cette déception et leur inquiétude sur l’avenir du métier dans une déclaration, faite hier au Centre de presse Malagasy (CPM), à Antsakaviro. « Ce code de la communication (…) à notre avis, foule au pied les droits et les libertés fondamentaux d’expression, d’opinion et d’information, et constitue une véritable entrave à l’exercice de la profession », soutiennent notamment les journalistes. Un texte pour lequel les juges d’Ambohidahy ont pourtant donné le feu vert pour la promulgation.
Certes, la Cour constitutionnelle a émis quelques réserves qui devront être revues devant le Parlement, mais le gros du texte et ses termes incitatifs, entre autres à l’autocensure et limitant la liberté de presse et celle d’informer ont été adoubés. Au niveau d’Ambohi-dahy, la messe est dite. Mais tout n’est pourtant pas perdu pour autant, car il reste encore quelques jours au président de la République pour activer l’article 59 de la Constitution, et demander une nouvelle délibération de la loi au Parlement.

Adhésion massive
Une action qui permettra la reprise des discussions, afin d’avoir un texte consensuel et accepté de tous. La déclaration d’hier déplore, pourtant, que les multiples appels lancés par plusieurs entités à la reprise du dialogue concernent le code de la communication. Pareillement, quant au fait que la fenêtre ouverte par le chef de l’État, lors d’une interview à Maurice le 14 juillet, pour la recherche d’un consensus n’ait pas été suivi d’acte, jusqu’ici.
« Le processus ne touchant pas encore à sa fin, et comptant sur l’attachement de nos dirigeants aux valeurs démocratiques et aux principes universels de la liberté, nous, journalistes signataires de la présente déclaration, espérons que le président de la République ne promulguera pas le code de la communication dans sa version actuelle, et le soumettra au Parlement pour une nouvelle délibération, ainsi que le lui permet la Constitution », soutient la déclaration d’hier.
En une journée, la déclaration faite au CPM hier a obtenu l’adhésion de plus d’une centaine de journalistes, autant de la capitale qu’en province. Et les signataires continuent d’affluer. Réitérant la volonté des professionnels de la presse de reprendre le processus participatif et de jouer un rôle actif dans les diverses discussions et consultations nécessaires à une nouvelle délibération du code contesté, la déclaration vient renforcer les initiatives précédentes dans ce sens.
Elle fait ainsi écho aux appels faits par le Mouvement pour la liberté d’expression, le Groupement des éditeurs de presse d’information et multimédia de Madagascar (Gepimm), les organisations internationales de défense de la liberté de la presse, ainsi que la société civile et la communauté internationale. Lors d’une conférence de presse de la plateforme Rohy hier, Monique Rakotoanosy, de l’Ilontsera a soutenu que « le code de la communication ne concerne pas seulement les journalistes, mais aussi la population malgache ».

Garry Fabrice Ranaivoson