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Fanjava (fanjava.com) – Un lien entre entrepreneurs et bailleurs

C’est la première plateforme financière participative, totalement dédiée à l’innovation malgache par des Malgaches pour les Malgaches. Elle veut contribuer à l’émergence de champions économiques malagasy au XXIe siècle.

Créée en mai 2016 par Miandra et Charles-Henri Ravony, la plateforme Fanjava invite les Malgaches, qu’ils résident à Madagascar ou à l’extérieur (diaspora), à la culture du financement participatif (crowdfunding).
Immatriculée en France, Fanjava est soumise à la législation française et européenne en matière de financement participatif (labels légaux d’intermédiaire en financement participatif – IFP et de conseiller en investissement participatif – CIP), de régulation financière et de normes prudentielles.
Fanjava entend matérialiser la recherche d’autonomisation financière et d’autodétermination technologique des projets entrepreneuriaux menés vers et à Madagascar. C’est pourquoi elle cultive une double ambition. Primo, faire de la diaspora malgache du monde entier une force économique et financière, solidaire de la création d’entreprises innovantes dans tous les secteurs d’activité à Madagascar. Secundo, permettre aux entrepreneurs malgaches créatifs et innovants, sans distinction ni barrière aucune, de trouver le financement nécessaire à l’amorçage de leurs projets.
Concrètement, Fanjava rapprochera deux principaux utilisateurs, les porteurs de projets et les donateurs au moment des campagnes de financement.
D’une part, les porteurs de projets expriment un besoin précis sur la plateforme, nécessairement sur la base d’un projet structuré par un modèle économique (business model) et un plan d’affaires (business plan). Ils auront à convaincre les donateurs potentiels sur trois niveaux : la pertinence, la viabilité et le potentiel de création d’emplois durables de leurs projets.
En l’absence d’une structuration préalable, chaque entrepreneur répondant à ces trois critères, bénéficiera d’un accompagnement gratuit de la part de Fanjava et de ses partenaires.
D’autre part, les donateurs, issus de la diaspora malgache du monde entier et des amis de Madagascar, contribuent financièrement, à partir de 5 euros, aux projets qui leur sont soumis.
L’équipe mettra en place une gouvernance stricte et transparente de la plateforme pour garantir plusieurs aspects : sécurité et intégrité des données, fluidité des échanges et des interactions, confidentialité des documents stratégiques des porteurs de projets, respect mutuel et courtoisie, flexibilité et modularité techniques. Précisément, Fanjava installera un ticket d’entrée, compris entre 3 et 5 euros, pour chaque inscription, afin de se prémunir contre les comportements aventuriers et répréhensibles.
Le lancement d’une version beta est prévu mi-août, avec des testeurs présélectionnés, et le lancement de la version stabilisée d’ici fin septembre.

MAG2Jeune du mois – On ne nait pas entrepreneur, on le devient, il suffit de le vouloir 

La société a une image stéréotypée de l’entrepreneur et nous avons tendance à penser que ce rêve n’est accessible et permis qu’aux personnes issues de certaines familles, ou de certaines grandes écoles. Notre Jeune du mois est loin de refléter l’image que nous avons de l’entrepreneur.

Candidate pour une licence en Sociologie, Maminiaina Robinson Andrianasolo, une jeune fille de 19 ans, figure parmi l’équipe porteur du projet Fy Art Kanto, un des lauréats du dernier concours de mini-projets organisé dans le cadre du Young Women Leadership Program de Youth First, qui est financé par le Programme Dinika de l’Union Européenne. Au même titre que les quatre autres projets, il bénéficiera d’une mini subvention de 1 200 000 ariary pour démarrer les premières productions.
« Au début, j’avais peur, je suis de nature timide et sans trop de conviction, je me suis inscrite à ce programme pour me découvrir. Durant les sessions, j’aimais observer les autres participer et appréhender chaque prise de parole devant les 79 autres jeunes filles du programme », nous confie Maminiaina. « Dans ma conception initiale des choses, le leader était le meneur, le bavard. Le comble c’est que je ne me voyais dans aucune de ces définitions. Puis, j’ai réalisé le vrai sens de l’adage « méfiez-vous de l’eau qui dort  » Pour ma part je dirais, méfiez-vous du leader qui sommeille en chacun de nous », dit Maminiaina, avec un grand sourire et une grande confiance en elle.
Le projet Fy Art Kanto allie sa passion pour le développement communautaire et l’autonomisation économique des jeunes filles. Il vise à créer un emploi direct pour les jeunes femmes victimes de violences, à travers la transformation et la commercialisation de produits à base de fruits. Fy Art Kanto est une marque solidaire qui donne à chaque consommateur du produit, l’opportunité de contribuer directement à l’amélioration de la vie directe du petit producteur.
« J’ai réalisé qu’aucune idée n’est mauvaise, j’ai appris de chacune des participantes du programme, de chaque personne rencontrée durant les quatre mois d’incubation », affirme Maminiaina. Elle envoie un message aux autres jeunes filles de son âge : « Il faut savoir sortir de sa zone de confort, ne limitez pas votre rêve, sortez de votre cocon, vous pourriez vous surprendre. »

MAG3Zoky modely – Miandra Ravony, « Madagascar est un pays où tout reste à faire »

À 27 ans et avec son frère, le jeune homme lance un premier projet, dénommé Fanjava. Son objectif est de trouver des financements aux innovations privées malgaches.

. Peux-tu te présenter en détail  ?
Je m’appelle Miandra Ravony. Mes études m’ont conduit vers une spécialisation en marketing et événementiel. Dans ce cadre, en plus de mon cursus à l’Université de Bordeaux, j’ai suivi un programme spécifique et pluridisciplinaire d’un an à l’Université de Nagoya, au Japon, en 2011-2012. Dans la continuité, en 2014, j’ai eu la chance de travailler plusieurs mois à l’ambassade de France à Tokyo pour promouvoir l’excellence éducative européenne. Par ailleurs, je fais partie d’organisations associatives à vocation sociale et économique. J’ai rejoint la Jeune chambre économique du Mans en 2015, et je suis également vice-président du Rotaract Club de la même ville à partir de 2016. Avec mon frère et associé, j’ai cofondé en 2015, une startup mancelle, Kosmoz Inc. (kosmozinc.com). Notre entreprise mobilise la créativité numérique pour apporter des solutions innovantes aux enjeux de l’Afrique subsaharienne. En ce moment, nous lançons notre premier projet majeur, Fanjava (fanjava.com). Il s’agit de la première plateforme financière participative, 100% dédiée au financement de l’innovation malgache par des Malgaches pour les Malgaches.

. Peux-tu nous décrire Miandra à 15 ans  Quelles étaient tes aspirations  Tes rêves  Tes plus grandes craintes ?
À 15 ans, j’étais comme la plupart des adolescents de cet âge : un petit rebelle sans cause !
Cela dit, j’ai pris beaucoup de plaisir à servir la messe tous les dimanches, pendant quatre ans. Cette activité m’a permis de canaliser mes pulsions d’adolescent, tout en gardant une foi inébranlable à tout moment, sans craindre quoi que ce soit. À cette époque, j’étais convaincu de pouvoir devenir comédien, à défaut de m’orienter vers le football professionnel. C’est dire.

. Pourquoi être parti à l’étranger  ?
Je suis parti en France après mon Bac L au Lycée français de Tananarive. C’était une décision prise d’un commun accord avec mes parents. Je devais suivre les traces de mon grand frère, parti deux ans plus tôt.

. Comment as-tu vécu l’insertion dans ce nouveau pays ?
Au niveau relationnel, tout s’est bien passé avec le temps, une fois passé un certain décalage culturel. Néanmoins, j’étais davantage handicapé par le climat européen. Il m’a fallu plusieurs mois pour m’y habituer.

. Pourquoi as-tu décidé de revenir investir à Madagascar  ? Qu’est ce qui a provoqué le déclic ?
J’ai beau résidé en France à l’heure actuelle, et même  parti à l’autre bout du monde, je demeure un Malgache qui aime son pays et ses racines. Je suis profondément touché par le spectacle désolant offert au monde entier par notre pays depuis mon départ, il y a dix ans. Or, il y a continuellement un décalage entre le potentiel tant déclamé sur notre pays, en matière de ressources naturelles et humaines, et l’apparent déclin économique au quotidien. Aujourd’hui, après mille réflexions et quelques hésitations, mon frère et moi, sans la moindre prétention, nous sommes décidés à apporter notre contribution, aussi petite soit-elle. Madagascar n’est ni un vieux pays ni un pays en déclin, c’est un pays où tout reste à faire. Avec optimisme, détermination et persévérance.

. Quels sont les défis et comment les as-tu surmontés ?
Le plus grand défi est de se mobiliser soi-même et ensuite embarquer les autres. Entreprendre pour Madagascar est déjà un risque en soi. Il y a l’éternelle complexité locale qui nuit à notre pays et qui fait fuir les investisseurs. Je reste optimiste malgré tout et reste convaincu que l’avenir de notre île repose entre les mains de chaque Malgache. Par conséquent, il devient impératif que nous nous entraidions et que nous avancions ensemble vers le même but : un niveau de développement satisfaisant, allié à une redistribution des richesses.

. As-tu un message pour les jeunes Malgaches qui veulent suivre tes traces ?
Il faudra oser, persévérer et saisir les opportunités qui se présentent à nous. Les jeunes Malgaches doivent prendre leur avenir en main. N’attendez pas que d’autres le fassent pour vous ! Si vous dormez, réveillez-vous! Si vous êtes tranquillement assis, levez-vous ! L’avenir se prépare maintenant.

MAG4Fanohintsoa Fenohasina Andriamampionona – Nous sommes le futur de la nation  – Croyez en nous, investissez dans nos rêves

La jeunesse, une lueur d’espoir pour l’avenir. Nul n’est censé ignorer l’importance que revêt cette hypothèse. Cependant, cette conjoncture de la population semble actuellement faire face à d’innombrables défis de taille. Des jeunes ayant des capacités prometteuses, notre pays n’en est pas dépourvu ; cela se reflète dans la multitude d’initiatives qu’ils souhaitent mettre en avant.
Dernièrement, il a pu être constaté, par le biais des programmes qui leur sont destinés, que cette cohorte désire se prononcer et s’investir dans les axes stratégiques du développement. À travers leur prise de position, ils véhiculent pas à pas leurs idées, souvent surprenantes et novatrices. Il  faut avouer qu’il existe, de nos jours, divers projets qui œuvrent pour une même cause, des causes prônées en majorité par les grands acteurs. Pourtant, d’autres domaines demeurent dans l’oubli, ne font l’objet d’aucune remise en question.
L’opinion de la génération juvénile se trouve parfois sous-estimée par les principaux acteurs du développement. Peut-être par leur manque d’expérience ou par crainte de leur autonomie   En réponse à ces opinions hypothétiques, il ne faut pas minimiser les efforts fournis par cette postérité pour faire entendre sa voix. Elle est prête à prendre des risques, à relever des défis, à apporter des ingéniosités. Seulement, les moyens lui manquent.
Par ailleurs, les jeunes souffrent d’un manque d’opportunité et souvent d’une concurrence colossale ou encore inéquitable. Il est logique que toute initiative de projet fasse appel à une large gamme de partenariats, de soutiens et de reconnaissance. Sans la synergie de ces parties prenantes, la concrétisation de l’idée de départ serait vaine. Les jeunes d’aujourd’hui
s’avèrent être perspicaces par rapport à la nécessité d’être contextuel dans la conception d’un projet; ils montrent un réel intérêt pour les maux de la communauté de base; or, pour l’avènement d’un développement durable et intégré, l’abandon de la culture du « copier-coller » est de rigueur ; il faut privilégier l’innovation et l’intégration.
En outre, cette descendance constitue la relève. La considération et le financement de leurs initiatives seraient d’une double positivité, ils auront un écho sur l’avenir. Amorcer de telles initiatives, nous donnera l’occasion de forger en amont de futurs leaders et dirigeants compétents et rationnels, et de bénéficier en aval d’une bonne gouvernance et d’un développement perpétuel.
Aujourd’hui, une lueur d’espoir se pointe à l’horizon. La jeunesse se décide à se prendre en main et faire de son mieux pour se faire remarquer. Et certaines institutions commencent à se rendre compte de leur capacité à générer l’évolution. Tous les jeunes sont animés par un rêve, « l’empowerment » leur permettra d’y aller jusqu’au bout.

Pages réalisées en collaboration avec Youth First