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Ressources marines – Les bases de données presque inexistantes

Les conférenciers sur les Sciences marines, hier, à l'Académie malagasy. 

Les données sur les ressources halieutiques et marines encore disponibles et celles exploitées ne sont pas suffisantes. Les enjeux sont pourtant importants.

Utile. Un outil très indispensable mais très peu fourni. C’est en substance la réponse apportée par les conférenciers sur les Sciences marines, hier, à l’Académie malagasy, dans le cadre de la célébration des 70 ans de coopération scientifique entre Madagascar et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). « La mise en place de bases de données marines opérationnelles et comparables fait partie des défis du secteur de la Recherche en Sciences marines », souligne Guy Rabarison, chef du département Ecosystèmes aquatiques du Centre national de Recherche en environnement (CNRE). Il a détaillé la partie des Sciences marines dans la Stratégie nationale de la Recherche, décrétée en 2013.
Il est très difficile, en effet, de disposer de données statistiques sur les ressources marines disponibles et celles exploitées. La dernière mise à jour du site du Centre national de données océanographiques de Madagascar (CNDO), par exemple, remonte en 2012. Les onglets sur les « données en temps réel» ou encore « les publications en sciences marines » ne fonctionnent pas.
Quelque 15 000 kg d’ailerons séchés s’exportent annuellement, variant selon divers contextes.

Menaces
Le directeur du Centre national de recherche océanographique (CNRO), Mamy Rajaonarivelo propose alors de délocaliser les activités du CNDO dans les centres de recherches régionaux, afin de disposer à temps et en quantité des données statistiques sur les ressources marines. Celles-ci étant actuellement fortement menacées par le changement climatique.
« On enregistrera une baisse de capture de l’ordre de 40% d’ici 2050, alors que la consommation a augmenté de 7 à 21kg en 50 ans », a fait savoir Frédéric Ménard, chercheur à l’IRD. L’acidification et le manque d’oxygène intra-marin ou encore l’élévation du niveau de la mer sont autant d’indicateurs qui devraient pousser à disposer d’outils statistiques. « Les ressources encore disponibles devraient être présentées clairement avec les endroits spécifiques de localisation », propose un autre chercheur.
On n’accorde jusqu’ici que 1% du budget général de l’État à la Recherche. L’irrégularité des sources de financement pour la recherche marine, l’insuffisance de publication et de vulgarisation scientifique ont été évoquées par les conférenciers comme étant un obstacle majeur au développement du secteur. La gestion des ressources marines ainsi que la conservation de la biodiversité et le renforcement de la coopération régionale ont été avancées comme alternatives à la menace que subit l’océan en général.

Mirana Ihariliva