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Crise – Médiation internationale laborieuse

Abdoulaye Bathily, représentant de l’ONU, a quitté la Grande île hier sans tambour ni trompette.

Les émissaires de l’ONU et de la Sadc ont quitté le pays hier. Les tractations se poursuivent à pas mesurés entre les parties malgaches.

Mesuré. Les mé­diateurs internationaux au nom des Nations Unies (ONU), et de la Communauté de développement des États d’Afrique austral (Sadc), ont quitté Madagascar hier.
Un départ discret ponctué par un communiqué de presse pour le professeur Abdoulaye Bathily, émissaire onusien. Un document dans lequel le déroulement des négociations de sortie de crise semble être abordé prudemment.
Joaquim Chissano, missionnaire de la Sadc qui devait clôturer son séjour par une rencontre avec la presse, selon son programme de départ, est parti sans piper mot sur le déroulement des pourparlers dont-il a été l’un des facilitateurs. Les indiscrétions indiquent que l’ancien Président mozambicain devrait revenir prochainement dans la Grande île.
Au début de la missive de fin de mission du professeur Bathily, il est précisé que « son premier séjour (…) à Madagascar touche à son terme ».
Tout comme le médiateur de la Sadc, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies est prévu pour aussi faire un comeback dans les prochains jours. Les départs d’hier, closent la médiation internationale. Ramtane Lamamra, émissaire de l’Union africaine (UA) et Koen Vervaeke, celui de l’Union européenne ont déjà quitté la Grande île la semaine dernière.
Le communiqué de fin de mission du Haut représentant de l’UA « pour faire taire les armes en Afrique », notamment, a évoqué « un projet d’accord politique ».
Cet accord devrait être la conclusion des consultations politiques entre les représentants des chefs
d’État Hery Rajaonarimam­pianina, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Il devrait « permettre une évolution sereine et ordonnée vers la tenue de l’élection présidentielle à la date prévue par la Constitution », selon la missive de l’organisation continentale.
La teneur du communiqué de fin de mission du représentant onusien est plus circonspecte.

Jouer la montre
« Après des échanges intenses, une volonté des acteurs malgaches de renouer le dialogue en vue de trouver une solution acceptable par tous à cette crise, dans l’intérêt du peuple malgache a été constatée. M. Bathily a réitéré ses encouragements aux responsables à tous les niveaux à poursuivre les efforts pour l’abou­tissement heureux des initiatives ainsi engagées », rapporte la missive onusienne.
Faisant écho à celui de son homologue de l’UA, le communiqué de fin de mission de l’émissaire de l’ONU indique que l’accord devra mener à des élections suivant les prescrits constitutionnels. Comme souligne cette missive, les émissaires internationaux et la communauté internationale sont au diapason sur la démarche et l’issue de la querelle politique.
Bien que rallongé, le séjour des médiateurs internationaux n’a pas suffi pour amener les parties en négociation à signer un accord politique.
Ce qui pourrait expliquer leur départ sur la pointe des pieds. Selon une source avisée, les pourparlers se poursuivent néanmoins. « Il n’y aura probablement plus de réunion formelle comme ces derniers jours, mais les négociations se poursuivent et les diplomates assureront le suivi. L’essentiel est que les bases de l’accord sont pratiquement acquis », explique-t-elle. Le respect du cadre constitutionnel, le maintien en place du président de la République et un gouvernement de consensus seraient les bases du consensus.
Il aurait été demandé dans les discussions que les discours en faveur de l’apaisement soient traduits en acte sur le terrain. « Les députés pour le changement » durcissent pourtant le ton, et comptent intensifier les manifestations. La source indique, par ailleurs, que « l’accord politique devrait être signé rapidement. L’enlisement de la situation n’est pas sain ».
Seulement, l’un des anciens chefs d’État serait réticent à une signature et préfèrerait un accord de principe. Un autre plaiderait pour que ses arriérés soient « préalablement » effacés.
Les frondeurs semblent, par ailleurs, jouer la montre et attendre le verdict de la Haute cour constitutionnelle (HCC), sur la requête en déchéance du président Rajaonarimanpianina, avant de décider d’adhérer ou non à l’accord.

Garry Fabrice Ranaivoson