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Antsiranana – L’Armée contre toute répression

Le général Béni Xavier Rasolofonirina, lors de sa visite des bâtiments de guerre indien, lundi dernier.

Le ministre de la Défense nationale a éclairé la lanterne des autorités de la Diana. Il ne pouvait pas passer sous silence la conjoncture politique du pays.

Direct. Le général Béni Xavier Rasolofonirina, ministre de la Défense nationale, a profité de son passage à Antsiranana, à l’occasion de l’escale de deux navires de la Marine indienne, pour réunir les autorités civiles et militaires régionales. Le ministre a exposé au cours de son intervention la situation qui prévaut actuellement au pays.
« Il fallait que nous nous rencontrions car nombreuses sont les informations et les rumeurs véhiculées par les médias audiovisuels, la presse écrite et les réseaux sociaux », a-t-il mentionné.
Il a insisté et souligné que, jusqu’ici, toutes les autorités restent à leurs postes respectives et, de ce fait, qu’elles prennent leurs responsabilités. Lui-même, il demeure le ministre de la Défense nationale, contrairement à la rumeur selon laquelle il aurait démissionné de sa fonction.
En outre, le général a parlé des deux déclarations faites le 21 avril et le 22 mai derniers par les hauts responsables des forces armées et des forces de l’ordre. Indépendamment des éloges et des critiques émises, l’Armée s’en tient à sa mission de défense de l’intégrité nationale, et c’est cela principalement le motif de ces déclarations.
« Certaines personnes affirment que l’Armée est une force de répression, maintenant, mais qu’elle ne le sera pas ainsi, demain. À l’occasion de leurs missions, les forces de l’ordre pourraient tuer des personnes. Toutefois, elles ne sont pas des assassins », a rajouté le ministre de la Défense nationale.

Échanges verbaux
Concernant la crise politique actuelle, il a répété que seule une solution politique la résoudra et non l’usage de la force.
Il a un peu surpris l’assistance lorsqu’il a déclaré que la liberté d’expression est un droit de chacun que la Constitution garantit.
« Les divergences dans les idées et le fait de les exposer ne sont des péchés. Mais, il ne faut pas forcer autrui à adopter les mêmes opinions que vous », a souligné le ministre.
Certains auditeurs ont cru déceler une contradiction avec le fait d’interdire toute manifestation publique dans les ex-provinces. Les échanges verbaux entre le général Béni Xavier Rasolofonirina et l’avocat général William Befourouack ont été vifs à ce sujet. Le ministre a concédé que la prise de note du rédacteur lors du conseil de gouvernement était à l’origine du « malentendu » ; c’était plutôt un communiqué qu’un décret.
« Moi-même, j’ai été surpris car il est question d’exprimer des opinions dans un lieu public, cas déjà défini par la loi n° 60-082 et par l’article 10 de la Constitution », a-t-il mentionné.
Pour conclure la réunion, le ministre a conseillé les responsables à trouver avec les députés pour le changement une solution au cas des élèves préparant un examen officiel.

Raheriniaina