Editorial

Taxes forces

Enfin une décision courageuse. Des taxes supplémentaires frapperont désormais certains produits importés du textile, de l’alimentation et des détergents. L’Autorité nationale des mesures correctives commerciales n’a pas fait dans la dentelle en appliquant 39 % de taxe sur les détergents, 35 % sur les pâtes alimentaires, devenues l’aliment de base des Malgaches à l’image de la fameuse soupe Miami, 25 % sur les couvertures.
Ce n’est pas trop tôt mais l’essentiel est d’avoir osé prendre cette mesure face à l’importation massive de produits inutiles qui ne font que tuer ce qui reste du tissu industriel local. D’ailleurs, il n’y a pas que le textile, les détergents et les pâtes alimentaires qu’il faut protéger. On s’étonne du fait que la savonnerie ne figure pas dans cette liste. Cela fait au moins vingt ans que les industriels du savon crient à la concurrence déloyale des produits importés, la plupart du temps détaxés.
L’état a enfin compris que pour lutter contre la pauvreté, la seule solution est d’aider le secteur privé pour qu’il puisse créer de l’emploi. Souvent, c’est le contraire qui se passe. L’état, par l’entremise du président de la République tient un discours prometteur à l’endroit du secteur privé lors des événements comme le salon de l’industrie ou de l’habitat mais la grandeur de la déception n’a d’égale que l’immensité des promesses à la lecture de la loi de finances. Le secteur privé est assailli de taxes qu’il n’a aucune marge de manœuvre pour pouvoir jouer un rôle prépondérant dans le développement. L’avènement de Président issu du secteur privé a généré beaucoup d’espoir mais la désillusion l’a toujours emporté.
Tous les groupements de patronat, des entrepreneurs ou des industriels sont logés à la même enseigne. Ils ont maintes fois tenté de geler le paiement d’impôts et taxes à l’état pour interpeller les autorités mais cela n’a eu aucun effet.
L’espoir renaît de nouveau avec l’élection d’un jeune président issu du secteur privé et ancien lauréat d’un concours de jeunes entrepreneurs. Pour avoir été victime des caprices de l’administration, il est très bien placé pour comprendre la situation. Reste à savoir s’il en a tenu compte dans son projet Iniatiative pour l’Emergence de Madagascar qui privilégie plutôt les investissements de l’état et certainement des partenaires étrangers.
Pour un développement durable et régulier, il faut le soutien d’un secteur privé puissant. Au Maroc, la fédération des chambres de commerce a droit à huit sièges inamovibles au Parlement. Leur voix est écoutée et entendue concernant les orientations fiscales et douanières prises par le Royaume.
Un exemple à méditer si on a vraiment la volonté de lutter contre la pauvreté. Autrement on peut toujours continuer à importer des pommes, des raisins, du fromage, du beurre, du jus de fruit, des allumettes, des bougies et nourrir les producteurs sud-africains, égyptiens, français, tunisiens, polonais, vietnamiens…
Sans des décisions radicales, on n’arrivera jamais à renverser le déficit de la balance de paiement. Les importations vaudront toujours quatre fois les exportations. La croissance restera fictive et illusoire avec l’apport d’argent frais dans la caisse de l’état par les bailleurs de fonds. Ça a toujours été le cas en 2001 et en 2008 où on a fait miroiter la croissance pour affirmer qu’on allait sortir du tunnel quand la crise éclatait. Aujourd’hui, on annonce une croissance de 5 % qui doit progresser selon les prévisions des bailleurs de fonds mais cela n’a absolument aucun impact sur le quotidien de la population. On attend qu’elle atteigne peut-être 55 % pour être significatif. Pourquoi pas après tout? Tous les rêves sont désormais permis.

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