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Affaire Houcine Arfa – Une somme faramineuse saisie à l’arrestation

215 millions d’ariary ont été saisis sur le sniper évadé Houcine Arfa lors de son arrestation. Il affirme avoir réussi à soudoyer la Justice derrière les barreaux.

Des propos de prisonnier évadé qui font trembler le système judiciaire. Arrivé à Paris le jour du nouvel An après une évasion rocambolesque survenue dans la soirée du 28 décembre, lors d’un transfert à l’hôpital, le quinquagénaire français Houcine Arfa, condamné à trois ans de prison ferme en novembre pour usurpation de fonction et extorsion de fonds, crache son venin.
Il accuse la Garde des sceaux de perception de pot de vin s’élevant à 70 000 euros, en tentant au passage de faire plonger quatre autres hauts fonctionnaires de l’administration pénitentiaire et technicien du ministère de la Justice, qui pourraient être les boucs émissaires d’un tissu de subterfuge. En effet, postes et fonctions sont mentionnés sans que preuves soient apportées et liens établis.
Installé en toute tranquillité dans la Ville des lumières bien qu’il soit sous le coup d’un mandat d’arrêt international, le fugitif peut même se permettre des interventions intempestives à la presse parisienne.
Lors de son arrestation à Antananarivo, le 20 juin 2017, Houcine Arfa a été pris en possession d’armes à feu et d’équipements de tireur embusqué. Les perquisitions effectuées ont, dans la foulée, permis à la police criminelle de mettre la main sur des sommes faramineuses, dont 180 et 35 millions d’ariary retrouvés en deux endroits différents, outre 25 500 euros. Les billets découverts ont été saisis et scellés. Le fait que le détenu ait pu trouver 70 000 euros pour acheter sa liberté tout en étant en prison, alors que ce qu’il avait a été confisqué, délie, de ce fait, les langues.
Des sources concordantes auprès du tribunal crèvent, dans la foulée, l’abcès sur des tentatives de corruption, où le détenu aurait proposé 20% du montant saisi contre sa restitution.
Outre ces inculpations, les fonds ainsi que les armes retrouvées ont nourri de sérieuses craintes d’attentat contre le président de la République. Houcine Arfa était, de ce fait, soupçonné de mercenariat et de recrutement de tueurs à gage d’après la police criminelle, d’autant plus qu’il avait de
troublants antécédents en Afghanistan et dans des pays d’Afrique. Sur le qui-vive face à cette épée de Damoclès, la garde-présidentielle a préconisé
l’installation de vitre pare-balle autour de la loge du Président lors de la parade militaire, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance à Maha­masina.

Décrédibilisation
Mettant la poudre aux yeux par truchement médiatique en terre lointaine, Houcine Arfa semble pourtant avoir gagné la sympathie d’une frange crédule de l’opinion, au point de passer de dangereux individu, évadé de prison et maître en corruption, à une victime innocente.
D’ailleurs, les prétendues tortures et maltraitances physiques qu’on lui aurait fait subir, pendant son séjour carcéral de trois mois à Tsiafahy, sont imparables pour tuer dans l’oeuf toute demande d’extradition. Ajouté à ses déclarations sulfureuses, il y a de quoi décrédibiliser la justice malgache. Un fin stratège susceptible de torpiller la légitimité du mandat d’arrêt international lancé contre le fugitif.
L’extradition à Mada­gascar de Houcine Arfa, où les faits ont été commis n’est pas gagnée. En 2012, la justice française a pourtant réussi à arracher celle du Malgache Mamodtaky, incriminé pour le quintuple homicide de Fenoarivo, lequel est condamné à 28 ans de prison par la cour d’assises de Paris.
Pour l’affaire Houcine Arfa, l’incertitude ronge. Manipulation et manque de volonté politique pourraient prendre le dessus, au prix de quelques fusibles, bien qu’il s’agisse ici de dignité de l’État et de sécurité du Président.

Seth Andriamarohasina

8 commentaires

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  • Je vois que cet article n’est pas aussi fiable ! Comment un prisonnier de Tsiafahy peut être libre et sortir de Madagascar sans corruption et sans complot ?

  • Et où sont passé ces 215 M d’ariary. C’est normal donc que le soit disant SNIPER réclame son remboursement. C’est donc sa parole contre celle du ministre de la Justice. Il n’y a jamais eu de pièce justificative dans une affaire de corruption.

    • L’argent est bien là mais il faut justifier la provenance de quelle banque, ou de quel commerce, ou de quelle personne etc. Est-ce un salaire, une reconnaissance etc.

  • Le gouvernement malgache est corrompu jusqu’a la moelle,c’est de notoriété publique,la preuve ultime,la populace fait justice soi même,les fameuses vindictes populaires