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Mahajanga – Des braconniers découpent dix tortues

Pillées dans les eaux côtières, des tortues géantes pesant des centaines de kilos ont été découpées sur la plage d’Aranta. Les braconniers ont réussi à s’enfuir.

Crime contre l’environnement. La surveillance des pêches est tombée sur des braconniers à l’œuvre à Mahajanga. Tôt hier matin, des éléments de patrouille ont mis la main sur 200 kilos de viande fraîche de tortues géantes. Braconnés sur le littoral, une dizaine de ces animaux marins ont été retrouvés découpés. Apparte­nant à une espèce menacée, ces tortues massacrées sont protégées par un projet, soutenu par des collectivités ainsi que des organisations de la société civile. Majestueux et imposant, chacun de ces reptiles peut peser jusqu’à 300 kilos, selon les informations recueillies sur place. La balance affiche, en revanche, plus d’une vingtaine de kilos pour chacune de ces dix jeunes tortues dérobées.
Les tortues en question ont été piégées à l’aide de filets ou chassées à coups d’harpon pendant la nuit. À l’aube, les malfaiteurs les avaient remontées sur la plage d’Aranta, lorsqu’ils ont repéré les patrouilleurs de la surveillance des pêches inspecter les environs.
Les malfaiteurs se sont évanouis dans la nature, abandonnant leurs proies aux autorités. Vu l’importance de leur butin, ils utilisaient apparemment du matériel sophistiqué. Leur décampement en un éclair avec tous leurs équipements laisse croire qu’ils avaient apparemment une pirogue à moteur.

Lutte contre le braconnage
«Si les tortues retrouvées étaient encore vivantes, les autorités responsables auraient pu les prendre en main, en travaillant de concert avec leurs partenaires, au vu de les relâcher dans leur habitat naturel. Ainsi, elles auraient pu bénéficier de plus de protection, du fait qu’elle seront marquées avant d’être remises en liberté », indique Tin Style, journaliste de la ville des Fleurs.
Selon ses explications, les autorités ainsi que les collectivités locales montent actuellement au créneau dans la lutte contre le braconnage d’animaux marins, surtout ceux qui sont menacés. Si, auparavant, la viande de ces imposants reptiles était vendue à 7 000 ariary le kilo sur les étals de certains poissonniers, des mesures plus radicales ont été prises pour freiner leur massacre. Des algues marines hautement toxiques constituent l’essentiel de l’alimentation des tortues marines, en cette période, leur consommation est de ce fait mortelle

Andry Manase