Editorial

Mauvais gagnant

Une première mondiale. Tous les candidats contestent les résultats de l’élection présidentielle publiés par la Ceni. On a fait mieux que partout en Afrique. Les deux candidats censés devoir disputer le second tour accablent la Ceni. Leur staff trouve plus de 50 % des voix en faveur de leur poulain et réclame une victoire dès le premier tour. Leurs représentants ont été admis à la Ceni et avaient accès à tous les documents pour vérifier les résultats. Ceux de Andry Rajoelina ont préféré quitter les lieux quand ils ont vu que l’éventualité d’un second tour était inévitable. Ils ont argué qu’ils ont été traités avec arrogance par la Ceni et n’avaient aucun accès aux données pour faire leur travail. Les parlementaires Mapar en voulaient au logiciel employé par la Ceni qui serait défaillant et qui n’aurait pas fait l’objet d’un appel d’offres. Curieusement il s’agit du même logiciel employé par la Ceni en 2013 qui avait permis au candidat de Mapar de remonter son retard et de battre Jean Louis Robinson au second tour. Le staff de ce dernier avait dénoncé une fraude massive avec des preuves soi disant irréfutables après les résultats définitifs.
Hier, la Ceni a fait appel à tous les candidats à venir à son siège pour faire ensemble la confrontation des Procès verbaux en leur possession avec ceux issus des bureaux de vote. Aucun candidat n’a répondu à l’appel. La Ceni est prête à faire ce que Ratsiraka ne voulait pas faire en 2002 pour trancher le litige avec Ravalomanana. C’est le seul moyen le plus objectif d’avoir un résultat cohérent entre tous les candidats. Sauf qu’il n’y a aucun candidat qui ait pu couvrir la totalité des 24852 bureaux de vote et n’ont donc pas tous les PV. Certains candidats disposent de PV qui ne sont pas la copie de l’original remis à leurs délégués dans les bureaux de vote. C’est l’origine des écarts entre les résultats détenus par le staff des candidats et ceux publiés par la Ceni.
Sauf changement, les résultats complets mais provisoires seront publiés par la Ceni demain. La Ceni donne encore un jour d’abattement aux candidats pour confronter les PV à Alarobia. Si les candidats viennent, tant mieux, tous les doutes seront levés, tous les différends seront aplanis. Dans le cas contraire il s’agit d’une mauvaise foi manifeste de mauvais gagnant pour ne pas reconnaître le verdict des urnes et pour entretenir l’illusion d’une victoire au premier tour miroitée par les foules immenses de la campagne-spectacle et les premiers résultats de moins de 1% des bureaux de vote. Une volonté claire d’arracher la victoire à la foire d’empoigne. Les menaces proférées contre la Ceni n’ont d’autres objectifs que de forcer une improbable victoire au premier tour. Les Jeux semblent malheureusement ou heureusement faits au niveau de la Ceni. Mais rien n’est joué. Si le second tour devant les urnes semble acquis, une victoire au premier tour est encore possible avec une tourne-main au niveau de la HCC. Là il ne s’agit plus de pirater le logiciel mais d’aller carrément sous les toges. Attendre et croire.

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