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Vohipeno – Des candidats en campagne déguisée

Les candidats ont profité du déplacement à Vohipeno pour procéder à des opérations séduction.
Tenu de se plier au protocole, le chef de l’État a été quelque peu discret.

Rentabili­sation. La courtisanerie politique a été au rendez-vous, en marge de la messe de béatification de Ramose Lucien Botovasoa, à Vohipeno. Autour de l’évènement religieux, le candidat annoncé à la prési­den­tielle qu’est Marc Ravalomanana, et le candidat pressenti à la magistrature suprême qu’est Andry Rajoelina, notamment, s’en sont donnés à cœur joie dans les opérations séduction des habitants.
Barrés par les édits des autorités locales, les deux anciens chefs d’État ont visiblement profité de leur déplacement à Vohipeno pour sonder leur cote de popularité et faire une offensive de charme. Ayant fait le déplacement en voiture, le fondateur de l’empire Tiko en a profité pour faire halte dans les localités d’Irondro, Ifanadiana. L’ancien président de la Transition, parti en avion, était à Vohipeno depuis samedi. À tour de rôle, les deux anciens chefs d’État se sont pliés aux bains de foule et aux selfies. Des scènes largement relayées sur les réseaux sociaux par leurs équipes.
Tous deux ont, par ailleurs, essayé de s’identifier au bienheureux Botovasoa et de convaincre les observateurs qu’ils marchent sur ses pas et partagent ses valeurs. Une manière de répondre à l’appel lancé par la Conférence des évêques de Madagascar (CEM), qui demandent à ce que le martyr soit un exemple d’abnégation, de probité et de sacrifice dans la quête du bien commun et de la paix. Ils ont ainsi soigné la mise en scène et les discours.
Marc Ravalomanana s’est rendu à l’ancien domicile du martyr. « L’histoire de Ramose Lucien Botovasoa est une leçon de patriotisme », déclare-t-il à l’issue de la visite. Andry Rajoelina, quant à lui, a assisté à la messe d’inauguration de la rénovation de l’église où le Bienheureux a été baptisé. « Il y a encore des jeunes qui osent se lever et suivre ses traces », affirme-t-il dans une allocution prononcée en cette occasion, faisant allusion à sa propre personne.

Incontournable
L’ancien président de la Transition s’est également rendu sur la rive du cours d’eau où le martyr a été exécuté en 1947. Les deux anciens chefs d’État semblent avoir pris soin de s’éviter. Entre les Présidents présents à Vohipeno, la courtoisie semble avoir été oubliée. Assis au même rang, Marc Ravalo­manana et Andry Rajoelina ne se sont ni salués, ni échangés des regards. Une indifférence, également à l’égard et de la part de Hery Rajao­nari­mampianina, président de la République.
L’arrivée du locataire d’Iavoloha à Vohipeno a été quelque peu discrète. Le protocole prescrit que seuls les responsables de l’Église pouvaient prendre la parole lors de la messe de béatification. Aussi, tout comme les autres invités, le chef de l’État s’est contenté de faire acte de présence. Une interview donnée à la délégation de presse présidentielle qui a fait partie de sa suite, lui a permis de répondre à l’appel du CEM.
« Ramose Lucien Botovasoa est un exemple pour nous tous et dans l’histoire du pays. Il a donné un exemple de l’état d’esprit que chacun de nous devrait avoir. Je prône la réconciliation, j’appelle donc à l’arrêt des invectives et des provocations », soutient le président de la République. Pour les prétendants à la magistrature suprême, notamment ceux des hautes terres, une visite dans le pays Antemoro est incontournable pour avoir la bénédiction des autorités traditionnelles. Certains ont, semble-t-il, voulu faire d’une pierre deux coups.
L’Église catholique a invité tous les responsables étatiques et leurs prédécesseurs, ainsi que les candidats à la présidentielle. Les Jules Étienne Rolland, Jean Omer Beriziky, ou encore Jean Ravelonarivo, Eliana Bezaza, Alain Andriamiseza ont été présents. Près de cinquante mille fidèles ont également fait le déplacement. « Les problèmes techniques à cause d’une mauvaise connexion internet » des médias nationaux ont cependant gâché la retransmission en direct à la TVM. Ce qui a laissé une grande latitude à la communication politique.

Garry Fabrice Ranaivoson

2 commentaires

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  • bravo à l’église de ne pas laisser la parole à qui que ce soit même à la président de la république. une leçon à apprendre pour le reste. on sait depuis quelques années que l’église devient un instrument de récupération politique pour les politiciens impopulaires. mais à Vohipeno, quoi que vous disiez, Andry Rajoelina est encore populaire, en voyant l’immense foule qui l’a accueilli à l’ aéroport

  • Excusez-moi cher Express de Madagascar, mais pourquoi avoir omis de publier aussi la photo du PRM car il était présent à Vohipeno. Ne serait-il pas candidat à la prochaine élection???