Chronique de Vanf Opinions

Revue de presse

Une ancienne méthode pédagogique, et parmi les plus efficaces, est la répétition, à tel point que le précepteur est aussi appelé répétiteur.
Les extraits qui suivent datent d’il y a vingt ans déjà pour certains. Dans des Chroniques adressées à un ancien Président de la République. D’autres, à peine plus récents, remontent à une douzaine d’années. À l’intention d’un autre ancien Président de la République.
Comme un vieil prof, tout à son abnégation de pédagogue, je me surprends à retrouver presque la même formule dans une ancienne Chronique (27 octobre 1998) : «une certaine idée d’une passion gratuite qui devient, presque par inadvertance, une sorte de mission». Dans cet «Avant-propos» d’il y a vingt ans, Didier Ratsiraka étant président de la République, j’écrivais donc que «la confiance ne reviendra pas toute seule» et qu’il faut labourer en aval la friche des mentalités et les laisser en jachère, jusqu’à ce que l’exemple soit semé d’en haut.
Invoquant la mémoire intacte du roi Andrianampoinimerina (dont une fâcheuse crise politique nous avait empêché de commémorer le bicentenaire de la disparition, 1810-2010, sans risque de récupération politique par les autorités putschistes d’alors), une autre Chronique (23 novembre 1999) opposait l’impopularité d’incompétence à l’incompétence au service d’une bonne cause ; avant de passer en revue la popularité de l’état de grâce, la popularité démagogique et la popularité pour la postérité. Andrianampoinimerina avait hérité du pouvoir en profitant de l’incompétence de son oncle, et il entraîna aussitôt, d’abord la principauté d’Avaradrano et ensuite le royaume d’Imerina dans une guerre de conquêtes portant les frontières au plus loin du coeur du royaume ; de ces campagnes militaires, «mesures aussi douloureuses que nécessaires», qui n’avaient dû enchanter aucune famille de l’époque, la postérité lui sera cependant reconnais­sante puisqu’elles préparèrent une période de paix, de sécurité et de prospérité, pour l’Imerina.
À l’adresse de Marc Ravalomanana, fort de plusieurs millions de voix mais sans la majorité absolue d’un second tour, j’inventais un «Rébus» : «Mon premier avait discrédité le pouvoir qu’il allait exercer un jour. Mon deuxième s’était entouré des déçus du régime de cette époque et des opportunistes que compte chaque crise : un amalgame hétéroclite dont le seul dénominateur commun était l’opposition systématique, épidermique et viscérale, au pouvoir d’alors. Mon troisième octroya des privilèges qu’il lui fallut révoquer bientôt, fabriqua des héros qu’il lui fallut démythifier après coup, et créa une milice dont il se trouve bien embarrassé maintenant»
(26 février 2004).
Deux ans seulement après l’autoproclamation de 2002, Marc Ravalomanana avait déjà achevé de se disputer avec ceux qu’ils pensaient être ses amis de la Place du 13 mai : «En choisissant de se débarrasser de Didier Ratsiraka par tous les moyens, la classe politique malgache s’est globalement discréditée. Elle s’est livrée «ambongadiny», comme on se moquerait en malgache, à un culte de la personnalité pour s’affranchir d’un autre culte de la personnalité. Ce faisant, la classe politique a montré à Marc Ravalomanana l’étendue de ses turpitudes qui traçaient déjà aussi ses limites : une classe politique sans principe, des alliances contre-nature, des cartels par l’absurde, des fidélités circonstancielles contre une traîtrise structurelle, la pathologie du pouvoir juste pour le pouvoir. C’était «L’inventaire du passif», un 31 décembre 2004.
Nous avions commencé cette «révision» avec le thème de la confiance, autant terminer en évoquant ce facteur fondamental : «La confiance sera le grand vainqueur des prochaines élections présidentielles si la volonté politique lui apporte sa bonne foi.
La moindre réticence, à accorder aujourd’hui ce que soi-même réclamait hier, hypothéquera inutilement le scrutin de demain». Aucune confusion avec des personnages existants puisque le texte date déjà du 25 juillet 2006.

Par Nasolo-Valiavo Andriamihaja