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Emeutes à Ikongo – Le procureur et le gardien chef en fuite

Les près de huit cents émeutiers auteurs de casse de la prison à Ikongo avant-hier veulent les têtes du procureur et du chef d’établissement.

La situation n’en demeure pas moins délétère à Ikongo après qu’une horde de villageois en furie s’est abattue sur la maison centrale avant-hier en fin de matinée. Aux dernières nouvelles, la prison ainsi que le tribunal ont été quasiment laissés à l’abandon. Craignant pour leur vie, magistrats, greffiers, agents pénitentiaires et même de simples employés du tribunal ont fui les lieux pour trouver refuge dans des endroits qu’ils jugent plus sûrs. œil pour œil, dent pour dent, telle était la menace proférée par les plus de huit cents personnes qui ont pris d’assaut la prison, après que le parquet d’Ikongo a placé en détention préventive dix individus, poursuivis pour meurtre.
Les assaillants ont dans la foulée voulu la tête du procureur de la République ainsi que celle du gardien chef, montrés du doigt d’avoir signé des actes écrits, plaçant sous mandat de dépôt les prévenus et épargnant ainsi ces derniers d’une mort certaine, face à une sérieuse menace d’acte de vindicte populaire qui a saisi le chef lieu de district. «Un agent pénitentiaire est encore cloué sur son lit d’hôpital après avoir reçu un coup de hache en pleine nuque lors des émeutes qui s’ensuivaient. Le gardien chef ainsi que le procureur de la République sont en fuite », confie l’inspecteur d’administration pénitentiaire Napou Jérémie, directeur de la communication au sein de son corps.
«Les informations qui nous sont parvenues révèlent que ces victimes de représailles se terrent dans la forêt ou se cachent chez des personnes de leur connaissance. Certaines sont, en revanche, sous l’aile des forces de l’ordre. Quelques prisonniers ont pour le part regagné volontairement leur centre
carcéral. Quelques gardes sont également sur place», poursuit le directeur de la communication auprès de l’administration pénitentiaire.

Poursuites
Dépêché à Ikongo, du renfort était attendu hier. Outre un peloton mixte envoyé à la rescousse, l’administration pénitentiaire a elle aussi, mobilisé des éléments triés sur le volet dans les directions régionales de l’administration pénitentiaire de Vatovavy Fito Vinany et de la Haute Matsiatra pour reprendre complètement le contrôle de la prison. En parallèle, une équipe du Groupe Volant d’Intervention Rapide (GVIR), a quitté Tana. Sa mission, remonter les traces des détenus qui ont profité de la casse de la prison pour se faire la belle. Lors de l’assaut du pénitencier, la foule déchaînée a forcé l’entrée de la maison centrale pour sommer les prisonniers de sortir. Cent-vingt détenus ont alors manqué à l’appel. Le fokonolona a dans la foulée pris en otage cinq agents pénitentiaires qui ont été relâchés dans l’après-midi même des émeutes.
Mis au parfum que l’incarcération des dix suspects a suscité une vive tension, le tribunal ainsi que les gardes pénitentiaires ont préconisé leur transfert sur Mananjary.

Seth Andriamarohasina

2 commentaires

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  • A Seth Andriamarohasina, le ou la journaliste: dans votre prochain article, veuillez préciser globalement le lieu de l’objet relaté si cela ne vous fatigue pas. Tout le monde ne connait aussi bien que vous la géographie de Madagascar. D’habitude vous donnez le fonkotany puis la commune, le district et enfin le faritany ou province.
    Concernant IKONGO, c’est en lisant l’article sur cet émeute sur le site de RFI que j’ai pu savoir que ce lieu se trouve dans les environs de Fianarantsoa. Merci de votre compréhension.!