Politique

Palais des Sports Mahamasina – Rajaonarimampianina sort de sa réserve

Le Chef de l’État appelle à l’apaisement et au respect de
la Constitution. Il promet des élections crédibles et transparentes.

Nous sommes encore là ». Des mots de Hery Rajaonarimampianina, président de la République, habitué à parler de lui à la troisième personne du singulier, à son arrivée au palais des Sports Mahamasina, hier. Pour sa première sortie publique à Antananarivo, depuis le début des manifestations réclamant sa démission, le Chef de l’État a profité de l’évènement pour répliquer à ses assaillants politiques.
Après s’être prêté à un bain de foule à l’entrée, visiblement galvanisé par un Palais des sports plein, le locataire d’Iavoloha s’est montré fougueux dans sa prise de parole. Contrairement à sa déclaration à la Nation, au lendemain de la manifestation meurtrière du 21 avril, l’ardeur de ses gestes et de sa voix tranche avec la teneur de son discours. Durant cette cérémonie de lancement officiel de la semaine africaine de la vaccination, le Président a mis l’accent sur l’apaisement, le respect de la Constitution et d’une élection crédible et transparente.
« En voyant votre présence massive en ces temps compliqués traversés par le pays, le Président veut vous féliciter. Je vous félicite, vous la population malgache, vous les habitants d’Antananarivo, pour le caractère paisible que vous démontrez. Le pays en a besoin pour son développement », a déclaré Hery Rajaonarimampianina. À l’assistance, il demande « de la patience », et « de se lever pour défendre le processus de développement de Madagascar».

Clin d’œil
Rappelant qu’à l’époque de son entrée à Iavoloha, le pays était économiquement et socialement moribond, le chef de l’État ressort une formule qu’il martèle à presque chaque discours, « il est aisé de détruire, mais la reconstruction prend du temps ». Sur sa lancée, il appelle l’ensemble de la population à « défendre la Constitution ». Selon ses dires, « c’est un gage d’apaisement et du développement ».
Mettant systématiquement en avant les enjeux du développement dans ses propos, le président Rajaonari-mampianina souligne aussi « l’importance de l’élection », dans cet apaisement et développement martelés. « Ce président de la République, qui vous fait face a été élu lors d’une élection propre et transparente», soutient-il. Avec le ni…ni, les élections de sortie de crise en 2013 ont toutefois souffert d’un fort taux d’abstention.
Plusieurs critiques ont également, été émises par les observateurs nationaux quant à la crédibilité de l’organisation des votes. Et la Cour électorale spéciale (CES) croulait sous les requêtes en contestation des résultats et du déroulement du processus. Les scrutins de sortie de Transition ont néanmoins le mérite de s’être déroulés sans heurt, et d’avoir permis une issue de crise paisible.
Soutenant que « c’est par les élections que la population majoritaire pourra faire entendre sa voix, exprimer son choix», le chef de l’État fait « le serment d’organiser des élections propres, transparentes et acceptées de tous ». Le processus d’adoption et des dispositions des lois électorales finalement jugées scélérates par la Haute cour constitutionnelle (HCC) sont, de prime abord, les raisons de la crise politique actuelle. Comme un clin d’œil aux pourparlers qui sont en cours, le locataire d’Iavoloha affirme qu’il a déjà fait preuve d’une volonté de casser la crise de confiance.
« Le Président de la République a déjà montré, montre et montrera qu’il est ouvert aux discussions pour parvenir à un apaisement, surtout en vue des élections », certifie-t-il.
« Nous mettrons en place les structures nécessaires à cela au niveau des différentes sphères étatiques», ajoute-t-il. Une démarche qui se fera par le biais de négociations, à l’entendre. Hery Rajaonarimam-pianina ajoute toutefois que cela doit se faire « de bonne foi et dans le souci de l’intérêt supérieur de l’État».

Garry Fabrice Ranaivoson