Océan indien

La Réunion – Dix-huit ans de prison pour un prêtre malgache

La cour d’assises de Saint-Denis a condamné le prêtre violeur à dix-huit ans de prison.

Accusé de viol de deux jeunes filles mineures, David Ramara a été condamné en appel. Ses victimes étaient ses assistantes lors de cérémonies de rites malgaches.

David Ramara est de retour depuis avant-hier dans le box des accusés, à la cour d’assises de Saint-Denis. Condamné à quinze ans de réclusion criminelle en novembre 2017, le quadragénaire avait immédiatement interjeté en appel, rejetant fermement les accusations de viol lancées par les deux jeunes filles qui l’assistaient pour les cérémonies malgaches où il officiait en tant que prêtre.
Hier, l’avocat général a requis dix huit ans de prison à son encontre. C’est six ans de plus que ce qui avait été requis lors du premier procès. Les jurés ont suivi les réquisitions de l’avocat général : l’accusé a donc été condamné à dix huit ans de prison et à cinq ans de suivi socio-judiciaire.
Les investigations avaient démarré après le dépôt de trois plaintes au commissariat de Saint-André. Le
22 juillet 2014, une adolescente de 16 ans s’était confiée aux policiers sur une scène de viol survenue deux ans auparavant, sur les berges de la Rivière-du-Mat.

Homme à femmes
Quelques jours plus tard, une autre jeune du même âge, et issue de la même famille, avait à son tour
accusé David Ramara, indiquant qu’il l’avait violée à cinq reprises. La dernière plainte déposée par une jeune majeure avait, elle, débouché sur un non-lieu.
Depuis le début, les plaignantes font part de faits survenus sur fond de cérémonies religieuses malgaches, les fameux «velas» ou «servis kabaré». Selon ces dernières, les rapports sexuels imposés avaient lieu après ces cérémonies. Au cours du premier procès, elles avaient même donné certains détails intimes sur David Ramara, mettant ainsi en difficulté la version de l’intéressé.
Reste que l’accusé parle toujours d’un complot fomenté contre sa personne. D’ailleurs, s’était-il défendu à l’époque, l’organisation de ces velas impliquait pour lui de faire carême et notamment de ne pas avoir de relations sexuelles trois jours avant la cérémonie. Une chasteté ne collant pas véritablement avec la personnalité de cet «homme à femmes», père de onze enfants avec neuf femmes différentes, et surtout grand amateur de relations extra-conjugales.

© JIR