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Affaire villa Elisabeth – Un ex-DG et deux employés mis à l’ombre

Les procédures de vente de la Villa Elisabeth ont été de nouveau suspendues.

L’enquête sur le litige foncier à la Villa Elisabeth traitée par le Pole anti-corruption s’est soldée par l’incarcération d’un ex-DG du service des domaines et deux autres employés.

Vente illicite de la Villa Eli­sabeth, domaine privé de l’État, remise sur le tapis. Déféré au parquet du Pole anti-corruption (PAC) aux 67ha, après deux jours d’interrogatoire, l’ancien Vice-premier ministre Reboza Julien, mouillé dans cette affaire sera mis aux soins de la Haute Cour de Justice.

Un ancien directeur général des services fonciers et deux autres employés de ces services ont, pour leur part, été placés sous mandat de dépôt à la maison centrale d’Antanimora. Le fameux promoteur immobilier de Madaterrain, Herilanja Gérald Ramanga­soavina y impliqué reste en revanche introuvable, malgré un avis de recherche et le mandat d’arrêt émis par le bureau indépendant anti-corruption (Bianco).

Des hauts responsables publics cités dans la vente illicite des biens de l’État ont également été convoqués depuis mercredi. L’affaire concernant la résidence officielle du défunt Pr Zafy Albert constitue effectivement le fond du procès. Cas de corruption, faux et usages de faux sont les charges qui pèsent sur le dossier.

Les demandeurs en la personne de Tabera Randria­manantsoa, membre du Comité de Réconciliation Nationale (CRN) et les anciens responsables auprès du ministère de l’Aménagement du Territoire pendant le régime de Hery Rajaonarimam­pianina, en tant que représentants de l’État sont venus assister au PAC. Les auditions se sont poursuivies hier toute la journée.

À part Tabera Randria­ma­nantsoa et le pasteur Edouard Tsarahame, d’autres personnalités dans les rangs des anciens dirigeants du temps de la Transition ont été présentes aux 67Ha. « Julien Reboza, l’ancien vice-Premier ministre de l’époque en charge du Développement et de l’Aménagement du Territoire du temps de la Transition était assis sur une chaise dans le couloir en attendant son tour devant l’enquêteur », confie notre source.

« Cet ancien responsable était le premier signataire du document de vente de la propriété objet de litige », indique une source proche du dossier.

Construction
Les membres du CRN ont déposé plainte contre une vingtaine de suspects pour dénoncer l’affaire louche autour de la vente de la résidence présidentielle à Ivandry. « Des chefs Fokontany, des chefs de la Commune, des hauts responsables auprès du ministère des Finances et de l’Aménagement ont été entendus hier après-midi », ajoute cette source. Ils ont facilité la procédure de la vente de la propriété pendant la transaction.

L’affaire Villa Elisabeth entre dans les rangs des grands dossiers dans l’histoire du litige foncier. La cession de la propriété implique les hauts responsables à l’épo­que du régime de Hery Rajaonarimampianina. En novembre 2017, les minis­tres au temps du pouvoir de Hery Vaovaon’i Mada­gasikara ont annulé par arrêté le fameux acte de vente en question. Mais l’idée n’a pas abouti du fait que les acquéreurs ont attaqué cette décision en justice.

Selon Tabera Randria­manantsoa, « une requête en opposition a été introduite au Tribunal. L’Etat a été débouté au procès ». Actuellement, une construction est aperçue dans l’enceinte de la propriété à Ivandry. Les acquéreurs ont, tout de suite, procédé aux travaux.