Humeur Opinions

Une épine dans le pied ?

À quoi sert l’armée  À protéger quels intérêts, à intervenir au nom de quoi et à rendre compte devant qui  Les déplorables évènements qui ont secoué la mairie d’Antananarivo nous donnent un aperçu sur les rouages d’un système bancal: un siège inutile, pour faire montre d’une solidarité militaire dont on se passerait bien, sous prétexte que l’un des leurs est en difficulté.
Une telle solidarité que l’on ne voit pas vraiment pour protéger le simple citoyen dans les villes, dans les campagnes, sur les routes nationales et les pistes. Que faut-il faire pour bénéficier du droit de protection par les forces de l’ordre  Y a-t-il un sésame auquel le Malgache lambda n’aurait pas accès pour qu’il faille, dans un pays en proie à l’insécurité grandissante, autant s’inquiéter des forces du mal que des… « forces du bien »  ?
Car si cette force bien armée est si prompte à défendre ses propres intérêts, cette seule année 2016 peut nous donner moult preuves de ce qu’elle laisse de côté: une insécurité galopante qui oblige les communautés à se défendre elles-mêmes. Ces initiatives se soldent, ces derniers temps, par une quarantaine de vindictes populaires allant des coups et blessures aux meurtres par le feu, mais sans aucune arrestation, encore moins de condamnation en haut lieu.
Au-dessus de ces forces armées, il y a un président de la République que l’on n’entend que rarement s’expliquer sur cette situation catastrophique. Rien qui ne rassure, rien qui ne redonne confiance, qui ne laisse passer un peu d’espoir d’accalmie et de paix.Bien au contraire, dans l’accaparement de la préparation du sommet francophone qui ouvre ses portes dans quelques jours, l’essentiel des mesures prises ressemble à quelque cache-misère: faire bonne mine, nolens volens.
Mais il faudra, à un moment, régler le problème une bonne fois pour toutes. Combattre la pauvreté est, certes, une priorité, mais comment le faire quand la menace du crime est quotidienne  Comment s’attendre à travailler, vivre et édifier sereinement lorsque l’insécurité se fait monnaie courante, dans les villes comme dans les campagnes ?
Il ne s’agit plus de montrer bonne figure, de cacher ses squelettes dans les placards mais de solutionner le problème à la racine. L’heure est venue pour cette grande muette, qui ne dit rien mais n’en fait pas moins, de revoir ses copies et redéfinir ses priorités. Agir avec la population ou contre la population, protéger les intérêts communs ou les attentes privées, être une solution ou une épine dans le pied  Loin de l’idée de faire la morale à une si grande institution, voilà des questions qui sont posées uniquement pour que s’établisse la concorde.

Par Mialisoa Randriamampianina

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