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Santé de la reproduction – Les grossesses pathologiques prolifèrent

Le Comago discutera de l’avortement autour d’une table ronde, cet après-midi.

Les grossesses pathologiques sont au cœur de la discussion à la Journée scientifique du Collège Malgache des Gynécologues obstétriciens (Comago).

Mahery, une femme de trente quatre ans qui attend son premier bébé, est accablée. Ses médecins lui ont recommandé d’interrompre sa grossesse, bien que ce soit encore illégal à Madagascar. «Ils disent que le fœtus ne se développe pas. Ce serait dangereux pour ma santé si je continue à le porter», déplore cette femme qui entre dans son cinquième mois. Mihotisoa, une femme de 38 ans, a récemment perdu son premier-né. Avec un problème d’hypertension artérielle, son bébé a été sorti à vingt-huit semaines. «Nous aurions perdu la vie tous les deux, sans cette intervention. Je croyais qu’il allait survivre», raconte-t-elle. Malheureusement, son bébé n’a pas survécu.
Mahery et Mihotisoa sont victimes de grossesses pathologiques. Elles ont été confrontées à des complications au cours de leur grossesse, comme de nombreuses femmes. Ces complications sont dues à un placenta prævia (placenta situé trop bas dans l’utérus), de malformations de fœtus, de diabète gestationnel, d’hypertension, ainsi de suite. Une femme sur quatre ou sur cinq en seraient touchées, selon le professeur Hery Rakotovao Andrianampana-linarivo, président du Comago. C’était au Motel Anosy, hier, dans le cadre de la Journée scientifique du Comago qui se tient, hier et ce jour.

« Avortement »
Les causes des grossesses à risque sont nombreuses. L’âge de la première maternité, trop tôt ou trop tard, est une des raisons. Elles ne sont pas rares les jeunes filles de 16 ou 17 ans qui tombent enceintes, de nos jours, si on se réfère aux nombreuses candidates à l’examen du baccalauréat à Antananarivo qui étaient été se contraintes de un passer à l’épreuve écrite de l’Éducation physique et sportive (EPS), car elles étaint enceintes. L’état de santé de la mère, comme l’hypertension artérielle, le diabète, ou encore le surpoids, le tabagisme, l’alcoolisme, peuvent aussi être facteurs de ces grossesses pathologiques. Ces grossesses à risque peuvent conduire à un accouchement à risque, à savoir un accouchement prématuré, ou une interruption médicale de grossesse, dont la pratique reste illégale. Les sénateurs ont rejeté la loi sur l’usage du planning familial chez les femmes, où est inscrit cet « avortement » pour raison médicale. Les gynécologues obstétriciens recommandent fortement la consultation prénatale et l’accouchement dans une formation sanitaire pour protéger la vie de la mère et de l’enfant.