Notes du passé

Sagaies d’argile contre sagaies de fer

L’arrivée des Proto-Malgaches, se fait par différentes vagues. Mais mieux armés que leurs prédécesseurs, les nouveaux venus se protègent bien mieux malgré leur infériorité numérique. Les Tantara ny Andriana eto Madagascar du père Callet mentionnent des combats où des sagaies d’argile (Vazimba) affrontent les sagaies de fer (Merina). En outre, les fortifications merina, les fossés profonds qui entourent les villages sur les sommets, les lourdes portes de granit sont plus efficaces que les palissades de bois des premiers occupants.
« Mieux organisés, mieux soudés par des structures sociales et politiques plus évoluées que celles des Vazimba, les nouveaux venus ont conservé leur cohésion. Ils se sont finalement imposés. »

L’ Histoire de Madagascar des classes terminales (1967) cite alors les Betsileo qui affirment dans leurs traditions Iarivo, qu’ils ont chassés les anciens habitants. La monarchie merina, au contraire, avec Andriamanelo, fils de la reine vazimba Rangita, a pu succéder sans heurt à l’organisation Vazimba.
D’après les auteurs de l’ouvrage, c’est la fusion de ces populations qu’il convient de mettre en relief. Elle s’accomplit au cours de cette première période protohistorique qui s’achève avec l’installation des derniers Protomalais sur les Hautes-terres. « Tous les contacts, les luttes, les expéditions plus ou moins lointaines, les alliances contribuent à mêler et à disperser les clans et les groupes ethniques. » Cette fusion se produit dans la Grande ile, son creuset géographique.

En même temps l’océan Indien est le théâtre d’échanges commerciaux à grande échelle. C’est ainsi que le peuplement primitif de Madagascar s’effectue au cours du premier millénaire, dans le contexte de ces échanges intercontinentaux. Au XIe et au XIIe siècles, les Indonésiens et les Arabes sont les grands commerçants de cette étendue maritime. Les premiers dominent la moitié orientale de l’océan Indien. Les grands navires à balancier et leurs pirogues sont très stables et résistent bien aux tempêtes. Les voiles quadrangulaires peuvent conduire directement, à travers les étendues océanes, les commerçants, dont « les comptoirs tiraient profit à Madagascar de la parenté des langues et des coutumes qui liaient leurs occupants aux habitants de la Grande ile. Madagascar parait même avoir servi de base de départ pour des expéditions de pillages, dirigées vers la côte africaine ». Et l’arrivée des derniers Proto-Malgaches (des Protomalais au teint clair et aux cheveux lisses) peut aussi s’accomplir dans ce contexte commercial.

En ce qui concerne les commerçants arabes, ils sont depuis l’antiquité les principaux rivaux des Indonésiens et leur expansion dans l’océan Indien est presque aussi ancienne. Car l’antiquité commerçante n’a pas pour seul cadre la Méditerranée. Très tôt, l’océan Indien est aussi le domaine d’une activité très importante. L’expansion maritime arabe, au début du premier millénaire, est un phénomène d’une portée historique considérable. « Jusqu’au XIIe siècle, les navigateurs arabes ont surtout sillonné la moitié occidentale de l’océan Indien et, en particulier, les côtes de l’Afrique orientale. »

Avant Mahomet, les commerçants construisent des comptoirs qui s’étendent peu à peu vers le Sud, sur la côte orientale africaine. Après Mahomet et la naissance de l’Islam, « les querelles religieuses provoquent l’exil de populations musulmanes qui se joignent aux marins arabes ». Une véritable colonisation arabe se développe alors au Sud de l’Équateur, entre Mogadiscio et Sofala. « Cette féodalité commerçante est fondée sur l’esclavage et pratique le commerce des esclaves. »
L’occupation est réduite aux comptoirs bien protégés par des murailles ou par leur situation insulaire. Les habitations y sont cependant confortables. Les féodaux arabes contrôlent les rivages de l’Afrique et du Mozambique et leur activité étend l’aire des influences arabes dans cette région. Ainsi, à partir du XIIIe siècle, les Arabes supplantent leurs concurrents indonésiens. Et si des barques indonésiennes et
chinoises continuent de sillonner l’océan,
l’islamisme succède à l’indouisme en Malaisie et en Indonésie.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

Publicité

Publicité

Publicité

Publicité