L'Express de Madagascar

Enseignement – Des cours accélérés gratuits à lancer

Proposition de solution. Les élèves en classe d’examen dans les écoles publi­ques fermées pour cause de grève des enseignants, vont pouvoir reprendre les cours et se préparer aux examens officiels. L’association des professeurs des écoles libres de Madagascar (APELM) envisage de dispenser des cours accélérés gratuitement, à partir du 18 juillet.
« Nous ne contestons nullement les revendications des enseignants, mais proposons des solutions pour éviter une année blanche et le report des dates des examens officiels », insiste Justin Etienne Rako­tondriana, président de l’APELM à l’hôtel le Pavé Antaninarenina, hier. Des étudiants de l’université affirment leur soutien à ce cours de rattrapage. « Le niveau des bacheliers qui arrivent à l’université ne cesse de baisser. Allons-nous les rendre plus médiocres par cette grève ? Nous voulons remédier à ces maux », précise Théophile Randriamihaja, représentant des étudiants.
Ces enseignants ne vont pas utiliser les établissements scolaires publics pour éviter une éventuelle perturbation de la part des grévistes. « Nous allons collaborer avec les parents d’élèves, les fokontany et les maires, pour avoir des salles. Nous faisons, en outre, appel aux philanthropes pour fournir le matériel à utiliser, comme les craies, les feuilles blanches », poursuit Justin Etienne Rakotondriana.

Menace
Ces cours accélérés seront lancés à Antananarivo, pour faire tâche d’huile dans les autres localités. « Nous lançons un appel à tous ceux qui sont prêts à se donner la main à nos côtés. Une réunion sera organisée à l’espace Vatomanga Antohomadinika, lundi matin », indique-t-il.
Les responsables des établissements scolaires privés affirment leur soutien pour le bon déroulement des examens. «Notre enseignement n’est pas conditionné par ces examens officiels, mais nos enseignants sont prêts à participer aux corrections, à la surveillance, aux travaux de secrétariat », souligne Célin Rakotomalala, directeur national des écoles privées.
Des enseignants des écoles publiques commencent, par ailleurs, à s’écarter de
cette grève. Dans la région Vakinankaratra, par exemple, des membres du syndicat regroupant les enseignants non-fonctionnaires (Aneffa), ont déjà annoncé, cette semaine, qu’ils vont assurer les cours dans cette région. Des enseignants d’un collège d’enseignement général dans le district Atsimondrano ont, également, décidé de reprendre leurs activités à partir de lundi.
Ce n’est pas gagné d’avance pour eux, car les meneurs de grève à Anosy lancent des menaces à leur endroit. « Vous allez voir! », s’est adressé un meneur de grève. Ces grévistes exigent à ce que les indemnités qu’ils revendiquent soient inscrites sur leur bon de caisse. Sans cela, ils ne reprendront pas leurs activités. L’État a déjà accordé 25 000 ariary, en octobre, puis un autre 25 000 ariary au mois de janvier 2019 et
50 000 ariary en 2020, en guise d’indemnités, ainsi que le recrutement de seize mille enseignants, jusqu’en 2020. Le chef d’État, Hery Rajao­narimampianina, dans Le Rendez-vous du 13 juillet de préciser «nos possibilités sont limitées au vu du budget actuel, on peut le dépasser si chacun met du sien pour revigorer l’économie ».