Editorial

Démocroatie

Comme le Danemark en 1992, la Croatie rêve aussi de décrocher son premier titre de championne d’Europe. Petit pays dérivé de l’éclatement de l’ancienne Yougoslavie , la Croatie, comme les autres pays slaves, a une très bonne équipe de football et d’autres disciplines. À preuve, malgré la guerre qui a décimé le pays, la Croatie s’est hissée en demi-finale du Mondial 98 battue par la France, futur vainqueur.
Mais il n’y a pas que le foot et la cravate ( eh oui) qui font la particularité de la Croatie. Son président, Kolinda Gabar-Kitarovic fait également un tabac incroyable en Russie. D’abord par son physique à la Kardashian qui ne passe pas inaperçu. Ensuite par son soutien inconditionnel à son équipe. Et surtout par son sens de l’État et de la bonne gouvernance. Kolinda Gabar-Kitarovic a voyagé en classe économique pour rallier la Russie, a payé ses billets avec son portefeuille, a suivi les matches au milieu des supporters croates dans les tribunes avant de rejoindre les loges réservées aux VIP. Une grande humilité pour un président pas comme les autres. Elle va jusqu’aux vestiaires pour féliciter un à un tous les joueurs après le match.
Quand on sait que parmi les gens du pouvoir, il y en a certains qui se pavanent en Russie on ne sait avec quels moyens. On réalise pourquoi le pays s’enlise dans la pauvreté. Le retour de la plaque rouge imposée par le Premier ministre pour toutes les voitures administratives est un pas vers la bonne gouvernance mais quand on constate le nombre de 4×4 flanqués de plaque rouge dans le parking du palais d’Iavoloha un jour de conseil des ministres, on a une idée du gaspillage que l’on fait. Il s’agit tout simplement d’une insulte pour une population qui a du mal à trouver de quoi manger au quotidien.
On ferait mieux de réduire le train de vie de l’État si l’on veut vraiment parler de lutte contre la pauvreté. Le discours doit être de concert avec les actes. Est-ce qu’il faut nécessairement des 4×4 pour que les ministres et députés puissent assumer leur tâche ? On ferait certainement de l’économie en optant pour d’autres genres de voiture ou d’autres moyens de transport. Quand l’État affirme qu’il n’a pas assez de sous pour satisfaire les revendications des syndicats, il est rattrapé par ses largesses envers ses serviteurs répartis dans les différentes institutions. L’État dépense énormément parfois pour des futilités. En revanche la faiblesse des dépenses publiques en faveur de la santé ou de l’éducation a toujours été dénoncée par les partenaires et les bailleurs de fonds.
La Croatie, dix fois plus petite que Madagascar, cinq fois moins peuplée que Madagascar a montré qu’on peut titiller les grands pays à force de travail et de bonne gestion. Il fait établir un ordre de priorité, bien respecter la hiérarchie selon les objectifs. Et bien évidemment, avoir des dirigeants honnêtes et surtout patriotes.
Pour en arriver là, la Croatie est passée par une refondation en 1991 avec le retour de l’indépendance et la guerre contre la Serbie. Ce n’est pas une élection organisée dans des conditions précaires et dans un climat tendu qui pourrait nous permettre d’arriver un jour au niveau de la Croatie. Pour le moment parmi les candidats annoncés, il n’y a pas un qui a le gabarit, au propre comme au figuré, de Kolinda Gabar-Kitarovic, l’incarnation de la démocroatie.

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