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Portrait – Les faits sociaux inspirent le bédéiste Franco Clerc

Franco Leclerc montrant quelques-unes de ses planches exposées à l’Institut Français de Madagascar.

L’enfant qui dessinait dans ses cahiers de cours a pu réaliser son rêve. Franco Clerc sortira bientôt, sa quatrième œuvre intitulée « Haza lahy ».

Les mystères de Tana tome 1 et 2 se vendent plutôt bien dans l’Hexagone. Ces œuvres du bédéiste malgache Franco Clerc relatent merveilleusement bien, à sa façon, les cas de faits divers qui touchent la capitale de la Grande Ile. Rapt, guerre de pouvoir, mascarade politique constituent le fond de l’histoire à suspens que Franco Clerc Damy alimente dans ses livres pour tenir en haleine ses lecteurs.
« La fille volée » et « Joyeuses retrouvailles », deux bandes dessinées pour adultes, sorties respectivement en 2014 et en 2016, dans les éditions L’Harmattan en France, se présentent comme une forme de reconnaissance pour cet autodidacte de trente-deux ans, par rapport à sa grande passion pour la bédé. « J’étais passionné d’histoires et d’images depuis mon enfance. Mes cahiers de cours étaient truffés de dessins de mangas de l’époque. Il m’arrivait même de recopier toutes les planches d’une bande dessinée que j’appréciais et que je ne pouvais acquérir, faute de moyen. J’ai découvert les BD italiennes et franco-belges vers l’âge de dix-huit ans. Ceux-là ont servi à forger mon style. En 2008, je suis arrivé à Tana avec une BD de vingt-quatre pages, dessinée à l’aide d’un stylo dans l’espoir de trouver un éditeur, en vain », raconte Franco Clerc.
Il a intégré le collectif de la bande dessinée Gasy Bulles et s’est approprié des manuels techniques pour sa passion. Franco ne ratait pas les ateliers relatifs à son art et multipliait les rencontres avec les professionnels de la bande dessinée pour forger son talent. Il a pu décrocher un travail auprès d’un organisme dans la capitale en tant qu’illustrateur, pour sensibiliser la population sur un projet bien défini. « Ça m’a formé dans mes techniques de narration et sur ma façon de m’adresser à un public cible, par rapport à son langage et ses codes. Ma profession dans l’audio-visuel et la communication m’a permis d’alimenter mon imagination. La BD et le film se complètent l’un l’autre », commente l’artiste.

Travail laborieux
Il lui faut à peu près cinq ans pour finir une bande dessinée, en s’occupant lui-même de l’histoire et de l’illustration. « Le côté sociétal m’intéresse beaucoup, une histoire réaliste dans laquelle tout le monde peut se reconnaître. Si je développe un sujet, c’est parce que ça me touche personnellement. C’est pour partager mon ressenti », avoue Franco.
Franco Clerc participe actuellement à l’exposition « La BD s’affiche à l’IFM ». Il prépare la sortie de son prochain polar intitulé « Haza Lahy, Enquête en territoire Vezo » aux éditions Des Bulles dans l’Océan, La Réunion.