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CEDS – Un mémoire sur la réforme de l’administration

Le Premier Ministre Christian Ntsay a félicité le CEDS pour la qualité de la formation dispensée aux auditeurs.

Le Premier ministre Christian Ntsay a assisté à une soutenance de mémoire. La Conduite de changement dans l’Administration en est le thème.
Le Groupe Charly de la XIVème promotion du CEDS a soutenu, jeudi 07 juin dernier au siège de l’établissement à l’ENAM Androhibe, leur mémoire de fin d’études portant sur le thème de Conduite de changement dans l’administration. Parmi l’assistance ont figuré le nouveau Premier ministre Christian Ntsay, ainsi que des personnalités du monde économique et politique. Le Premier ministre a affirmé, à l’issue de la séance que le terme changement qui domine l’actualité nationale depuis quelques temps gagne en effet à être bien circonscrit et compris, pour ne pas être un vain mot. Beaucoup de responsables, a-t-il dit, une fois élus ou nommés, pensent tout connaitre, à tort.
La conduite de changement par l’État représente en effet un défi de taille. D’une part, l’État dans son rôle de gestion de la cité est garant de la stabilité, de la permanence, de la pérennité. D’autre part, il doit pouvoir évoluer, changer et s’adapter en permanence à l’évolution des attentes des citoyens et face aux imprévus. Cette dualité du rôle de l’État explique sans doute la multitude de réformes visant à apporter des changements dans leurs domaines respectifs. Dès lors que les réformes sont considérées comme une nécessité absolue, la question se pose sur comment les planifier et les mettre en œuvre, afin qu’elles puissent se traduire en changements effectifs et tangibles. Car force est de constater qu’à Mada­gascar, depuis l’indépendance, les réformes n’ont pas toujours abouti aux changements escomptés. L’édu­cation, l’un des secteurs ayant connu plusieurs réformes significatives, a été pris comme exemple.

Recommandations
À travers ses recherches et les comparaisons avec d’autres pays, le groupe a identifié six facteurs clés sur lesquels repose la réussite d’une conduite de changement. Ces facteurs sont : une vision claire et pertinente, une volonté politique assumée et constante, doublée d’un leadership fort de l’autorité politique au plus haut niveau, une bonne connaissance et préparation du terrain d’application, un choix judicieux du moment favorable et des délais, un dispositif de pilotage stable et indépendant, et enfin des hommes et des femmes motivés et pleinement engagés pour porter et disséminer le changement.
Durant les 2 heures qu’a duré la séance, le groupe a défendu sa proposition qui consiste à institutionnaliser la Conduite de changement par la mise en place d’un Bureau de coordination générale de la conduite de changement (CGCC). Il faut placer ce dispositif permanent à un niveau stratégique pour lui donner le maximum de visibilité sur l’ensemble du mécanisme, et permettre une meilleure coordination des actions. L’instabilité politique étant un facteur d’échec majeur en conduite de changement, un statut spécial est recommandé pour le Coordonnateur Général (rang de Directeur Général, recrutement indépendant, mandat de 10 ans irrévocable sauf pour motifs graves, liberté dans la nomination de ses collaborateurs) afin qu’il puisse assurer la continuité des actions de réformes entamées et la péren­nisation des résultats.
Le groupe préconise également que chaque réforme soit accompagnée d’un Plan de changement adéquat et adapté aux spécificités nationales et régionales, dont la proposition, la mise en œuvre et le suivi seraient parmi les principales attributions du Bureau de CGCC, avec l’appui de ses démembrements régionaux et des partenaires (PTF, société civile, secteur privé). Il serait composé d’un Plan de formation et d’un Plan de communication, les deux canaux indispensables pour véhiculer l’esprit-même du changement désiré, et en optimiser l’appropriation à tous les niveaux.