Economie

Produit de rente – Le cacao doit être plus consommé

La promotion du cacao continue d’alimenter les débats. Sa valorisation est également à rechercher dans les pratiques sociales et économiques.Le cacao malgache est apprécié ailleurs et non à Madagascar. C’est le principal objet du débat lors d’une conférence à l’université d’Anta­nanarivo, hier. L’introduction du cacao dans les mœurs et les coutumes ainsi que dans les pratiques sociales et économiques liées au chocolat, y a été partagée. La mention Histoire, au sein des Arts, lettres et sciences humaines, principale instigatrice de l’événement, a ainsi anglé les discours sur des pistes de réflexion et recherches sur le processus de patrimonialisation du cacao. La conférence a ainsi été menée avec des chercheurs et des professionnels du cacao. «Outre les efforts dans le développement de toute la chaîne de la filière cacao, les réflexions se tournent vers la consommation de notre patrimoine qui est le cacao. Si nous ne le consommons pas, ce patrimoine tombera en déclin», a expliqué d’emblée Bako Rasoarifetra. Ce chercheur a ainsi donné des exemples pour faciliter la compréhension de l’assistance sur la «consommation» du patrimoine cacao. Tels que faire revivre les habitudes d’offrir des chocolats en guise de remerciement ou la promotion des pratiques culinaires utilisant le cacao et le chocolat ou encore par la médiation culturelle comme l’organisation annuelle du festival Sôrogno à Ambanja. En somme, consommer local. Helianta Rajaonarison, de la mention Histoire, a explicité l’histoire du cacao ainsi que les valeurs culturelles accompagnant la commercialisation des chocolats. «Les images utilisées par la société Menakao, fabricant malgache de cacao, constituent un exemple concret, de valeurs vectrices de patrimonialisation», explique-t-elle. L’industriel du cacao utilise en effet des portraits d’hommes et de femmes et des illustrations de «lamba» pour véhiculer un message fort d’identité malgache.

Rehausser
«La fabrication artisanale du cacao n’est pas forcément mauvaise», a expliqué pour sa part, Orlando Ralaisoa, de la société familiale Bijor, chocolatier local. «L’artisanal, ici, est à prendre dans le bon sens du terme, car nous ne songeons pas du tout à transformer nos activités en industrie du cacao», continue-t-il. «Pourquoi ne pas en faire un attrait touristique typique de Madagascar, comme la Tour Eiffel est à la France et les Pyramides, à l’Egypte ?», a proposé l’intervenant. La valorisation du patrimoine cacao fin de Madagascar, ne passe pas obligatoirement par l’industrialisation. La société dit réussir dans la diversification du chocolat en utilisant les fruits secs, les épices et le noix de cajou de la Grande île. Pok pok, gingembre, baie rose, combava, corossol rehaussent ainsi le goût et l’arôme du chocolat, qui se présente de diverses manières telles les tablettes, la confiserie ou encore les barres chocolatées. «40% de la production sont des tablettes de chocolat, 25% en confiserie et 10% en coffrets assortiments. Le but étant de produire des produits uniques et de qualité supérieure», relate Kolo Raelinera, responsable qualité de la société Bijor.

Mirana Ihariliva